Les Justes
Suzanne Pommay
Année de nomination : 1995Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Chirurgien-Dentiste
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
L'histoire
À la déclaration de guerre, en 1939, la famille Kahn est en vacances à Saint-Malo. Elle séjourne à Saint-Servant, sur le littoral, mais doit regagner son domicile d’Asnières-sur-Seine en 1941, cette zone étant désormais interdite aux Juifs.
Le 2 mars 1944, très tôt le matin, la police vient arrêter à leur domicile d’Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, les six membres de la famille Kahn : André Kahn, son épouse Jane, née Weill, leurs trois enfants, Francine (15 ans), Danièle (12 ans) et Marcel (7 ans), ainsi que l’oncle Lucien Kahn et son épouse Hélène, née Oswald, qui étaient venus se réfugier chez eux après le bombardement de leur maison.
Danièle Kahn échappe de justesse à cette arrestation, car elle est déjà partie au lycée Racine, où elle est élève. Tous les autres membres de sa famille sont internés à Drancy, puis déportés et assassinés.
Lorsqu’elle rentre du collège vers 14 heures, Danièle découvre alors les volets clos et les scellés apposés sur la maison. Des voisins, qui l’attendaient, l’informent de l’arrestation de toute sa famille et lui retirent immédiatement son étoile jaune afin de la protéger. Le seul nom qui lui vient alors à l’esprit est celui de Louise Lafon, dite « Lilly », une amie d’enfance protestante de sa mère, qui habite rue René-Bazin, dans le XVIe arrondissement de Paris, près du métro Jasmin. Une voisine conduit donc Danièle chez Lilly et sa fille Lucienne. Elle y est chaleureusement accueillie pendant une semaine.
Cependant, la police est à sa recherche et possède sa photographie. Il devient donc urgent de l’éloigner de Paris et de lui procurer une nouvelle identité. Chirurgien-dentiste à Paris, Suzanne Pommay est sollicitée par son amie Louise « Lilly » pour trouver une famille disposée à accueillir Danièle, moyennant le versement d’une pension. Munie de faux papiers et d’une carte d’alimentation établis au nom de « Danièle Martin », elle est conduite par Suzanne, qui prend également à sa charge les frais de pension, dans le tout petit hameau du Petit-Jailly, en Côte-d’Or. Afin de ne pas éveiller les soupçons, Danièle fréquente l’église et l’école du village, qui ne compte qu’une classe unique.
Après quelques mois passés dans cette première famille d’accueil, Suzanne Pommay confie Danièle à une amie parisienne, prénommée Germaine Lefebvre, qui s’est installée avec son fils dans ce même village. Son mari, résistant, avait été déporté puis fusillé. Danièle demeure chez elle jusqu’à la Libération. Les habitants du village ignorent qu’elle est juive : on leur a expliqué qu’il s’agissait d’une jeune Parisienne venue se réfugier à la campagne pour fuir les bombardements. Seule Germaine connaît la vérité. Danièle Kahn doit ainsi sa survie à une véritable chaîne de solidarité.
En 1945, une sœur d’André Kahn, qui avait survécu mais que Danièle ne connaissait pas, obtient sa tutelle et l’emmène vivre avec elle en Belgique.
Le 11 janvier 1995, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Suzanne Pommay le titre de Juste parmi les Nations.

Danièle Kahn, l’enfant sauvée.

