Dossier n°6968C - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marthe Guillaume

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 21/04/1910
Date de décés : 01/01/1989
Profession : Pharmacienne

Localisation Ville : La Tour d’Auvergne (63680)
DĂ©partement : Puy-de-DĂ´me
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Marthe GUILLAUME

Marie-AngĂ©lique Murat Ă©tat la Mère SupĂ©rieure du couvent Sainte-Marguerite Ă  Clermont-Ferrand (Puy-de-DĂ´me). C’est lĂ  que trouvèrent refuge, au dĂ©but de l’annĂ©e scolaire 1942/1943, les sĹ“urs Fain – Nadine, RĂ©gine et Janine – venues de Paris, ainsi que les sĹ“urs Goetschel – Claudine, Janine et Marianne – originaires de Limoges. Toutes y arrivèrent. Les sĹ“urs Fain avaient Ă©tĂ© envoyĂ©es par Monseigneur Gabriel Piguet, Ă©vĂŞque de Clermont-Ferrand, dans cet Ă©tablissement qui abritait aussi un certain nombre de filles de rĂ©sistants. A l’instar de la Mère SupĂ©rieure, la directrice de l’Ă©cole, Marie Lafarge, se montrait particulièrement chaleureuse vis-Ă -vis de ses jeunes protĂ©gĂ©es juives. SitĂ´t que des Allemands venaient opĂ©rer un contrĂ´le au couvent, une cloche sonnait dans les classes « menacĂ©es ». Chacune des salles de cours avait une seconde porte donnant sur la rue, et les professeurs l’ouvraient immĂ©diatement pour permettre aux adolescentes juives et aux filles de rĂ©sistants de prendre la fuite. Les autres Ă©lèves ignoraient leur identitĂ©. Dans leurs tĂ©moignages après la guerre, les survivantes Ă©voquent toutes la chaleur, la tolĂ©rance et le dĂ©vouement de la Mère supĂ©rieure, de la directrice et des enseignantes. Pendant les vacances de Pâques de 1943, l’une des religieuses, Irène Guillaume, envoya les trois jeunes Fain chez sa sĹ“ur Marthe, qui Ă©tait pharmacienne Ă  La Tour d’Auvergne. Elles y sĂ©journèrent deux semaines. Ce n’Ă©tait pas la première fois que Marthe cachait des Juives; elle le fit pendant de longues pĂ©riodes tout au long de l’Occupation. En Ă©tĂ© 1943, M. Fain fut arrĂŞtĂ© et dĂ©portĂ©. Sa femme vint chercher ses filles et toutes quatre se rĂ©fugièrent dans le Lot. Les sĹ“urs Goetschel demeurèrent au couvent jusqu’Ă  la LibĂ©ration.

Le 12 mars 1996, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah, a dĂ©cernĂ© Ă  Mère Marie-AngĂ©lique Murat, Marthe Guillaume et Marie Lafarge le titre de Juste parmi les Nations.