Dossier n°7008 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Suzanne Trichet

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 12/05/1903
Date de décès : 19/02/1954
Profession : Vendeuse

    Localisation Ville : Poitiers (86000)
    Département : Vienne
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Suzanne Trichet vivait avec sa famille à Poitiers (Vienne) dans la zone qui fut immédiatement occupée par les Allemands. De nombreux Juifs évacués des zones frontalières de l’est étaient arrivés dans la ville. Il y avait notamment quatre familles apparentées de Metz : les Roitman, les Rimer, les Libermann et les Bergman. Les adultes n’avaient pas la nationalité française mais les hommes s’étaient tous battus dans l’armée française. Les enfants, nés en France, étaient tous français. Craignant d’être arrêtés tôt ou tard et déportés, ils décidèrent de tenter coûte que coûte de passer en zone sud. Trois des enfants Roitman se trouvaient déjà à Toulouse. Franchir la ligne de démarcation n’étant pas chose aisée, les quatre familles, au total treize personnes, se réunirent donc chez les Roitman pour mettre au point leur projet. Hélène Roitman, qui avait alors quatorze ans et demi, se confia à Christiane Trichet, une camarade de classe. Elle savait que les Trichet étaient au courant de la grave situation où se trouvaient les Juifs, aussi demanda-t-elle à Christiane si sa mère serait prête à cacher sa famille pour une nuit. Suzanne Trichet, qui était veuve, vivait avec ses deux filles. Malgré le danger, dont elle était parfaitement consciente, elle proposa d’accueillir les quatre familles. Les treize fugitifs arrivèrent donc chez elle, en principe pour une nuit. L’organisation du passage prenant plus longtemps que prévu, ils demeurèrent finalement quatre jours et quatre nuits dans le petit appartement de Suzanne. Comme ils craignaient de s’aventurer à l’extérieur, et n’auraient de toute façon pas pu utiliser leurs cartes d’alimentation portant le tampon « Juif », elle dut trouver de la nourriture pour tout le monde. Voyant leurs difficultés, elle finit par faire appel à ses contacts pour trouver un passeur qui. moyennant finance, conduisit tout le groupe en zone sud.

    Le 6 mars 1996, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné, à Suzanne Trichet, le titre de Juste parmi les Nations. 

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    Mis à jour il y a 10 mois.