Les Justes
Gaston Patoux
Année de nomination : 1971Date de naissance : //
Date de décès : 06/01/1950
Profession : Agriculteur
Juliette Patoux
Année de nomination : 1971Date de naissance : //
Date de décès : 25/06/1974
Profession : Agricultrice
Département : Indre
Région : Centre-Val de Loire
Personnes sauvées
Lieu porteur de mémoire
Cérémonies
L'histoire

Juliette Patoux et Felice Zimmern en 1943
En octobre 1940, dans le contexte de l’internement des Juifs étrangers par le régime de Vichy après la défaite de la France, David Zimmern son épouse Lydia, originaire du Palatinat en Allemagne, furent internés au camp de Gurs, dans le sud-ouest de la France, avec ses deux filles nées en Allemagne en 1937 et 1939.
L’organisation juive de secours aux enfants, l’« OSE » (Œuvre de secours aux enfants), parvint à faire sortir les deux fillettes, Béate et Félicie, et les plaça à « La Pouponnière », son foyer pour enfants en bas âge à Limoges pendant deux années.
Vers la fin de l’année 1943, alors que la situation devenait de plus en plus dangereuse pour les enfants juifs en France occupée, l’OSE, inquiète pour la sécurité de ses protégés, décida de les disperser et de les cacher dans des familles non juives. C’est ainsi que la petite Félicie Zimmern, âgée alors de quatre ans, fut confiée au foyer de Juliette et Gaston Patoux, agriculteurs, qui vivaient à Vandoeuvre, dans l’Indre.
Juliette et Gaston Patoux prirent le plus grand soin de l’enfant. Conscients du danger qu’ils couraient en hébergeant une enfant juive au mépris des lois antisémites de l’époque, ils vivaient dans la crainte d’une dénonciation ou d’une arrestation. Juliette dormait ainsi en robe de chambre afin d’être prête à fuir rapidement en cas d’alerte.
Félicie Zimmern vécut chez les Patoux pendant près de deux ans, jusqu’en novembre 1945. Durant les quatre derniers mois, ils accueillirent également sa sœur Béate. Les deux enfants, devenues orphelines pendant la guerre, furent ensuite remises à l’OSE.
Leurs parents avaient été transféré du camps de Gurs vers le camps de Rivesaltes puis vers Drancy en septembre 1942 avant d’être déportés sans retour à Auschwitz par le convoi n°40 du 4 novembre 1942.
Plus tard, Félicie émigra aux États-Unis. De nombreuses années après la guerre, elle reprit contact avec Juliette Patoux, dont le mari était décédé entre-temps.
Le 19 octobre 1971, Yad Vashem, Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerna à Juliette et Gaston Patoux le titre de Justes parmi les Nations, en reconnaissance de leur courage et de leur dévouement.

