Dossier n°7301 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Anna Potonnier Jonard

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 11/01/1910
Date de décès : 10/04/1978
Profession : Agricultrice

François Potonnier

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 06/04/1904
Date de décès : 21/05/1999
Profession : Agriculteur
    Localisation Ville : Saint-Léon (03220)
    Département : Allier
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Remise de la médaille à François Potonnier

    La famille Potonnier exploitait une ferme au lieu-dit Le Thuries près de St-Léon (Allier), à sept kilomètres du hameau le plus proche. En juin 1944, le fermier et sa femme recueillirent une famille juive de quatre personnes – les parents, un enfant et une grand-mère. Les Rosenstiel, qui habitaient Strasbourg avant la guerre, en avaient été évacués, comme le reste de la population civile, au début des hostilités. Ils s’étaient installés à Saint-Léon, croyant pouvoir vivre en sécurité dans cette petite commune isolée. Mais en juin 1944, la Gestapo vint les arrêter et tous quatre subirent cinq heures d’interrogatoire serré, chacun dans un local séparé. Remis en liberté par miracle, ils comprirent qu’ils devaient fuir sans tarder. Robert Rosenstiel fit appel à des Résistants qu’il connaissait. L’un d’eux les conduisit, à pied et à travers la forêt, vers Le Thuries où ils arrivèrent après plusieurs heures de marche. Les Potonnier les accueillirent à bras ouverts. Robert eut beau leur expliquer immédiatement que leur présence à la ferme mettrait les Potonnier en danger – la Gestapo, qui les avait retrouvés et interrogés à Saint-Léon, savait qu’ils étaient des Juifs d’Alsace – François et sa femme ne les laissèrent pas repartir et mirent leur propre chambre à la disposition des fugitifs. Chaque matin, ces derniers partaient se dissimuler dans un autre des bâtiments de la ferme, afin de ne pas attirer l’attention des visiteurs, des ouvriers agricoles, voire du facteur. François leur apprit à discerner l’arrivée de voitures en mettant l’oreille au sol ou contre les poteaux du téléphone. Les Potonnier veillèrent avec sollicitude sur leurs hôtes inattendus, sans jamais accepter la moindre rémunération. Après la guerre, Francis Rosenstiel, qui avait sept ans à son arrivée à la ferme, resta en relations avec la fille des Potonnier, Suzanne, et ses parents.

    Le 27 août 1996, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à François Potonnier et à sa femme Anna, le titre de Juste parmi les Nations.

    Documents annexes

    Article de presse - La montagne du 17/12/1996Article de presse – La montagne du 17/12/1996

     




    Mis à jour il y a 2 mois.