Les Justes
Andrée Orgeval
Année de nomination : 1996Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Cafetier, Propriétaire d’une brasserie
Jean Orgeval
Année de nomination : 1996Date de naissance : 18/05/1910
Date de décès : 10/02/1997
Profession : Cafetier, Propriétaire d’une brasserie
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Nouvelle-Aquitaine
Lieu porteur de mémoire
Cérémonies
L'histoire

Jean & Andrée Orgeval
Jean et Andrée Orgeval sont les propriétaires de la Brasserie Paloise, un modeste établissement situé au 18 rue Montpensier à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ils ont deux filles, Monique et Jacqueline. En face, au 25 rue Montpensier, vivent les Goldberger, des réfugiés juifs de Belgique, avec leur bébé Suzy. Mania Goldberger travaille comme couturière à domicile, tandis que son mari Martin, d’origine polonaise, est bûcheron sous un faux nom dans une entreprise de fabrication de charbon de bois.
Martin a fui l’Allemagne le 9 novembre 1938, à la veille de la Nuit de Cristal. Souhaitant émigrer aux États-Unis, il paie un navigateur censé l’aider, mais celui-ci le dénonce ; Martin est emprisonné. Quelques semaines plus tard, Mania Baum, une jeune femme qu’il a rencontrée auparavant lors d’un bal communautaire, vient le faire libérer. Ils se marient le 17 février 1940.
La guerre éclate en Europe le 1er septembre 1939, et l’Allemagne envahit la Belgique le 10 mai 1940. Très vite, Mania tombe enceinte. Le couple décide alors de partir vers la France pour fuir l’annexion allemande. Ils progressent petit à petit vers la ligne de démarcation et atteignent Pau le 15 mai 1940, où ils trouvent refuge.
Martin et Mania travaillent intensément et choisissent de confier leur bébé Suzy à des fermiers à Jurançon jusqu’à la fin de l’année 1941. Mais l’enfant est maltraitée ; ses parents la récupèrent. Chaque soir, après sa journée de travail, Martin s’assoit au café des Orgeval, où il boit un verre avec un employé de mairie originaire d’Alsace, qui parle allemand comme lui.
En août 1942, au moment où la police française procède à de vastes rafles de Juifs étrangers dans le sud de la France pour les déporter vers le camp de Gurs. Ce camps ouvert en 1939, se trouve à 60 km de Pau et devient dès 1942 un lieu de transit vers les camps de la mort.
Un employé de mairie vient avertir les Goldberger que leurs noms figurent sur la liste des Juifs à arrêter. Ils doivent fuir immédiatement. Martin est déjà parti travailler en forêt, et Mania ne sait comment le joindre. Elle se rend chez les Orgeval, qui acceptent sans hésiter de la cacher, elle et son bébé. Jean Orgeval se déclare prêt à les abriter dans le grenier du café et à les nourrir, à condition qu’elles restent silencieuses et n’en descendent sous aucun prétexte. Mania emporte en hâte quelques objets essentiels et passe la rue en courant. Prévenu, Martin la rejoint plus tard.
En les cachant, les Orgeval se mettent en danger : la police, ne trouvant pas les Goldberger chez eux, se présente au café. Les Orgeval affirment ne rien savoir. Les visites policières se répètent plusieurs jours.
Mme Orgeval va avertir Charles, l’oncle de Mania. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Charles se rend à la préfecture de Pau, indigné que sa nièce et son mari soient menacés. Il parvient à faire retirer leurs noms de la liste. Les Goldberger peuvent alors rentrer chez eux.
Cependant, en novembre 1942, après l’invasion de la zone libre par l’Allemagne le 11 novembre 1942, Jean Orgeval, inquiet pour leur sécurité, organise leur passage clandestin jusqu’à Annemasse, avec une autre famille juive, cachés dans une camionnette d’EDF. Arrivés à Annemasse, ils franchissent la frontière et trouvent asile en Suisse.
Jean Orgeval, membre du réseau de Résistance Combat (fondé en 1941), ne parlera jamais de ses actions. Ses propres filles ignoreront longtemps qu’il a sauvé des vies durant l’Occupation.
Le 9 décembre 1996, Yad Vashem, l’Institut International pour la Mémoire de la Shoah, décerne à Jean et Andrée Orgeval le titre de Justes parmi les Nations.
Documents annexes
| Témoignage de Jessica BORIES | |
| Article de presse | |
| Article de presse – Eclair de la République du 01/04/1998 |

