Les Justes
Line Marmajou
Année de nomination : 1997Date de naissance : 20/12/1901
Date de décès : 25/04/2012
Profession : Danseuse
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Line Marmajou
Lors de la grande rafle du Vél d’Hiv, à Paris, les 16 et 17 juillet 1942, Line Marmajou, qui habitait au 19, rue Portefoin, dans le IIIᵉ arrondissement de Paris, cacha sa voisine, Mme Plawner, ainsi que sa fille, Fella, venues lui demander asile. Elle les hébergea pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’il leur fût possible de quitter la capitale, de franchir la ligne de démarcation et de s’installer à Figeac, dans le Lot. Durant toute cette période, Line prit soin d’elles avec sollicitude, sans jamais chercher la moindre rétribution.
Par la suite, elle servit de boîte aux lettres pour la correspondance entre la famille Plawner et Benjamin, le frère aîné de Fella, né en 1915. Prisonnier de guerre évadé, celui-ci vivait dans la clandestinité après s’être échappé de Compiègne en 1940. Il rendait parfois visite à Line Marmajou, qui lui remettait les lettres de sa mère et de sa sœur. Fella avait également communiqué l’adresse de Line à Madeleine Blaufuks, une amie restée à Paris. Lorsque celle-ci eut besoin de se cacher, Line l’accueillit.
En mars 1943, lors d’une rafle dans le quartier du Sentier, Benjamin tenta de fuir, mais fut poursuivi par des policiers français et arrêté. Il était environ dix heures du matin. En fouillant ses poches, les policiers découvrirent un morceau de papier sur lequel figurait l’adresse de Line Marmajou.
Vers seize heures, ils se présentèrent à son domicile. Contrairement aux Juifs traqués, qui avaient souvent pris l’habitude d’attendre avant d’ouvrir leur porte par crainte des rafles, Line ouvrit aussitôt. Madeleine Blaufuks se trouvait malheureusement chez elle à ce moment-là. Les policiers constatèrent que ses papiers d’identité étaient faux et l’accusèrent violemment. Ils reprochèrent également à Line Marmajou de cacher des Juifs. Line vivait avec sa mère, une femme malade âgée de quatre-vingts ans, qui avait pour prénom Sarah. À cause de ce prénom, les policiers en conclurent qu’elle n’était pas réellement sa mère, mais une Juive que Line dissimulait chez elle.
Ils lui demandèrent enfin comment elle expliquait qu’un homme nommé Benjamin Plawner eût sur lui une lettre adressée à son domicile. Line et Madeleine comprirent alors que Benjamin avait été arrêté. Line expliqua que les Plawner étaient ses voisins et qu’elle avait accepté de servir de boîte aux lettres pour Benjamin parce qu’il était un soldat français et un prisonnier de guerre évadé. Les policiers emmenèrent les deux femmes, mais laissèrent finalement sur place la mère de Line, âgée et malade.
Après plusieurs heures d’un interrogatoire serré à la préfecture de police, Line fut remise en liberté. Benjamin Plawner et Madeleine Blaufuks, en revanche, furent déportés le 25 mars 1943 vers les camps de la mort, dont ils ne revinrent jamais.
Après la Libération, Fella et sa mère, revenues à Paris, restèrent en contact avec Line et veillèrent sur elle jusqu’à sa mort.
Le 12 janvier 1997, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah, décerna à Line Marmajou le titre de Juste parmi les Nations.

Line Marmajou, 108 ans en 2018 (Copyright : Ville de Puteaux)
Documents annexes
| Invitation cérémonie Marmajou |

