Les Justes
Laurence Fages
Année de nomination : 1997Date de naissance : 12/01/1908
Date de décès : 26/01/2002
Profession : Employée de Mairie
Département :
Région :
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Laurence Fages (à gauche)
Laurence Fages, benjamine d’une famille de neuf enfants aux revenus modestes, quitte son Auvergne natale pour s’installer à Paris dans l’entre-deux-guerres. Elle est employée de mairie dans le 19ᵉ arrondissement de la capitale. Elle vit rue des Chaufourniers dans le XIXème, dans un quartier populaire marqué à l’époque par une forte présence d’ouvriers et d’immigrés d’Europe de l’Est. Laurence entretient d’excellentes relations avec ses voisins juifs, Rose et Bernard Szejnbaum, ainsi qu’avec leurs deux filles, Rachel et Liliane. Très jeune, elle apprend la valeur du travail, du courage et de l’entraide. Issue d’une famille de patriotes — deux de ses frères sont morts pour la France durant la Première Guerre mondiale —, elle considère qu’aider autrui en danger relève du devoir. Elle dira plus tard : « J’ai fait cela par amitié et par devoir. Tant d’autres ont mérité plus que moi. »
Le 15 juillet 1942, à la veille de la rafle du Vel’ d’Hiv, la plus vaste arrestation de Juifs en France organisée par la police française sous l’autorité de Vichy, un policier anonyme vient secrètement avertir les Szejnbaum qu’une grande rafle se prépare. Laurence Fages, informée elle aussi, accourt pour les chercher et les conduit chez elle. Malgré le danger qu’elle court et la promiscuité de son petit appartement, elle les cache pendant quatre semaines, jusqu’à la mi-août 1942, veillant sur eux avec une attention constante. Elle dissimule également leurs meubles et leurs papiers afin d’éviter toute confiscation. Dans ce logement exigu, certains dorment sur le canapé, d’autres dans le lit, et les derniers à même le sol sur des lits de fortune.
Lorsque le danger immédiat passe, les Szejnbaum regagnent leur domicile, un ancien hôtel dont chaque pièce porte un numéro. Ils condamnent l’une des portes, et Laurence persuade la concierge — à l’aide d’une bonne bouteille et d’une petite somme — d’attribuer le numéro de la chambre condamnée à quiconque chercherait la famille, notamment les policiers ou les Allemands. Elle parvient aussi à loger, dans le même immeuble, trois membres d’une autre famille juive apparentée, les Szydlowicz, également en danger.
Dans son témoignage après la guerre, Rachel Szejnbaum, âgée de dix ans en 1942, raconte que tous les locataires savaient que des Juifs se cachaient là, d’autant que, dans ce vieil immeuble parisien, les toilettes se trouvent sur le palier. Le risque de dénonciation est constant, surtout durant l’Occupation, où les rafles et les perquisitions sont fréquentes.
En 1943, Rose Szejnbaum met au monde une troisième fille, qu’elle prénomme Laurence en hommage à son amie. C’est encore Laurence Fages qui organise l’accouchement, dans des conditions périlleuses, à l’hôpital Lariboisière. Le médecin de garde, comprenant immédiatement la situation, fait accoucher Rose en urgence dans un placard à balais avant de la transférer vers un lieu plus sûr. Laurence lui conseille de crier pendant le travail, mais de ne pas parler afin que son accent polonais ne la trahisse pas. Elle emmène ensuite le bébé en Normandie, où elle trouve une nourrice, tandis que les deux autres fillettes sont envoyées en Corrèze, région connue pour avoir accueilli de nombreux enfants juifs cachés pendant la guerre.
Après la Libération, les Szejnbaum restent profondément liés à Laurence Fages. Chaque année, le 16 juillet, ils viennent lui apporter des fleurs, en souvenir du jour où, en 1942, elle leur a sauvé la vie.
Le 16 juin 1997, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Laurence Fages le titre de Juste parmi les Nations, reconnaissant officiellement son courage et son humanité face à la barbarie de l’époque.

Laurence Fages dans sa jeunesse
Documents annexes
| Invitation cérémonie 11 avril 2016 09:27:59 | |
| Article de presse – La semaine du Lot 2 11 avril 2016 09:27:30 | |
| Article de presse – La semaine du Lot 1 11 avril 2016 09:26:34 |
Articles annexes
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