Dossier n°7829 - Juste(s)

Consulter le dossier de JĂ©rusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1998

Jean Desrutin

Année de nomination : 1998
Date de naissance : 15/12/1875
Date de décés : 10/05/1972
Profession : Forgeron, mécanicien

Marthe Desrutin

Année de nomination : 1998
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Ménagère

Localisation Ville : Cusset (3300)
DĂ©partement : Allier
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Jean Desrutin, forgeron Ă  Cusset, près de Vichy, habitait une grande maison avec sa femme Marthe, sa fille Nancy et son gendre Marcel Chape ainsi que sa petite-fille Aude, et prit sa retraite en 1939, Ă  l’âge de soixante-cinq ans. Lorsque la guerre Ă©clata, il fit la connaissance de la famille Assa, Juifs de Turquie Ă©migrĂ©s Ă  Paris. A cette Ă©poque, M. et Mme Assa souhaitaient mettre leurs enfants Ă  l’abri des bombardements de la capitale. Pendant l’annĂ©e scolaire 1939-1940, les Desrutin accueillirent ainsi Maurice Assa, quinze ans, de deux ans plus jeune qu’Aude, et sa petite soeur Ginette, dix ans. Un peu plus tard, la famille Assa s’enfuit de Paris et se rĂ©fugia Ă  Nice. Jean Desrutin, pour sa part, dĂ©mĂ©nagea avec toute sa famille pour se retirer Ă  Ainay le Chateau (Cher) dans une maison appartenant Ă  des parents. Lorsque les Allemands envahirent Nice le 9 septembre 1943, le jeune Maurice Assa partit se cacher chez les Desrutin. Deux semaines plus tard, il reçut une lettre de sa mère, venant de Drancy oĂą elle Ă©tait internĂ©e, ainsi que son mari. Tous deux avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s Ă  Nice. Comprenant que sa prĂ©sence constituait dĂ©sormais un danger pour ses hĂ´tes, Maurice prit le maquis et rejoignit une unitĂ© de maquisards. Sa soeur Ginette avait Ă©tĂ© envoyĂ©e par ses parents, avant leur arrestation, chez son oncle Ă  Lyon. En apprenant cette nouvelle, Jean et Marthe Desrutin demandèrent Ă  Aude d’aller la chercher et de la ramener Ă  Ainay, oĂą elle fut traitĂ©e comme un membre de la famille. Lorsque la rĂ©gion fut le théâtre de combats entre maquisards et troupes allemandes, toute la famille, Ginette comprise, dut quitter la maison, trop exposĂ©e, pendant plusieurs jours. M. et Mme Assa ne revinrent pas des camps de la mort. Après la guerre, Maurice et Ginette partirent vivre aux Etats-Unis, mais restèrent en contact Ă©troit avec la famille qui les avait sauvĂ©s.

Le 25 fĂ©vrier 1998, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Jean et Ă  Marthe Desrutin le titre de Juste parmi les Nations.

 

Documents annexes

Aucun document

Articles annexes

Aucun autre article