Les Justes
Raymonde (Leroy) Roger
Année de nomination : 1998Date de naissance : 06/07/1910
Date de décès : 28/09/1999
Profession : Mère d’1 enfant (6 ans)
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Raymonde Roger en 1994
Félix Jastreb a dix ans lorsque la guerre éclate. Sa mère, devenue veuve quelques mois après sa naissance, doit travailler dur pour l’élever. Elle le confie très souvent à sa sœur, mariée et mère de trois enfants, qui habite rue Keller, dans le XIᵉ arrondissement de Paris. Félix grandit ainsi entouré de ses cousins et cousines.
En 1940, durant l’Exode, sa tante et sa famille prennent la route, tandis que Félix reste à Paris avec sa mère. Il assiste à l’arrivée des premiers soldats allemands dans la capitale. Plusieurs membres de sa famille sont arrêtés, internés puis déportés sans retour. C’est notamment le cas de son oncle et de son cousin, raflés tous deux en août 1941, puis déportés par le convoi n° 3 du 22 juin 1942.
À la même époque, Raymonde Roger habite à Droué, dans le Loir-et-Cher, avec sa fille Colette, née en 1934. Son mari, cordonnier du village, a été mobilisé puis est tombé au champ d’honneur en 1940. Au cours de l’été 1942, sollicitée par une organisation juive clandestine, Raymonde accepte d’héberger Félix Jastreb, alors âgé de onze ans. Sa mère, Golda Jastreb, juive apatride et veuve elle aussi, avait fait appel à cette organisation afin de mettre son fils en sécurité à la campagne.
Raymonde accueille le jeune garçon comme son propre fils, expliquant aux voisins qu’il s’agit de son neveu. Muni d’une fausse identité, Félix l’accompagne à la messe le dimanche et participe à toutes les fêtes religieuses. L’instituteur du village sait qu’il est juif, mais le traite avec bienveillance et lui confie la responsabilité de la bibliothèque de l’école. En janvier 1943, l’enfant reçoit une carte postale lui apprenant que sa mère, arrêtée dans la rue, est internée à Drancy et qu’elle sera déportée dans les jours suivants. Elle part par le convoi n° 46 et ne reviendra jamais.
En juin 1944, des miliciens effectuent une descente à Droué et exécutent des maquisards qui se cachent dans la maison voisine de celle de Raymonde. Malgré le danger et ses modestes ressources, elle continue de s’occuper de Félix, complètement dévasté par la perte de sa mère, avec une affection et une sollicitude constante.
Personne ne venant réclamer le jeune Jastreb, elle le garde encore un an après la Libération. À l’été 1945, après la libération des camps, la Commission centrale de l’enfance le prend en charge. Après l’obtention de son certificat d’études, elle le place, en tant qu’orphelin, dans plusieurs maisons d’enfants, d’abord au Raincy puis à Montreuil, où il demeure jusqu’à sa majorité.
Félix Jastreb restera toute sa vie très attachée à celle qui l’a sauvé, protégé et choyé alors qu’il n’avait que dix ans et qu’il était recherché par les autorités en raison de ses origines juives. Il deviendra un infatigable militant de la mémoire et animera l’association pour la mémoire des enfants juifs déportés du XIème arrondissement de Paris.
Le 29 janvier 1998, Yad Vashem a décerné à Raymonde Roger le titre de Juste parmi les Nations

Félix Jastreb en 1942

Mr. et Mme Félix Roger et Colette avant la guerre

Felix Jastreb, enfant caché (1942-1943)

Golda Jastreb avant sa déportation en 1943

Retrouvailles entre Raymonde Roger et Félix Jastreb en 1994

Remise de médaille de Juste parmi les Nations à Raymonde Roger

Mme Roger et Colette, sa fille, Mr. Alphonse Leroy et Eugénie (parents de Mme. Roger)
Documents annexes
| Article de presse – Le Parisien du 12/05/1999 14 février 2019 07:00:58 | |
| Article de presse – Le Courrier Picard de 04/1999 14 février 2019 07:00:17 | |
| Article de presse – Echo de Brou de 04/1999 14 février 2019 06:59:39 | |
| Livre 5 mars 2014 11:16:48 |
Articles annexes
Aucun autre article

