Dossier n°8122 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1998

Jacqueline Martin Elié

Année de nomination : 1998
Date de naissance : 27/05/1907
Date de décés : 30/09/1996
Profession : Membre de la Cimade

Jacques Martin

Année de nomination : 1998
Date de naissance : 24/06/1906
Date de décés : 23/07/2001
Profession : Pasteur intérim bénévole, Objecteur de conscience,employé dans une bonneterie membre de la CIMADE

Localisation Ville : Ganges (34190)
Département : Hérault
Région : Occitanie

L'histoire

Objecteur de conscience avant la guerre, Jacques Martin avait été emprisonné pendant environ un an. Un médecin militaire le réforma pour raisons de santé en 1939. Il avait alors terminé ses études de théologie. Toutefois, l’Eglise protestante, fidèle à sa politique de l’époque envers les objecteurs de conscience, ne lui confia pas de paroisse. Martin accepta la charge de pasteur par interim, à titre bénévole, à Ganges (Hérault). Il dut donc trouver du travail pour nourrir sa famille et fut embauché dans une bonnetterie locale qui fabriquait des bas de soie. Sa femme et lui adhérèrent à l’organisation « La Cimade » et travaillèrent la main dans la main avec Madeleine Barot (q.v.) qui les mit en contact avec des Juifs internés à Gurs. Les Martin leur envoyaient des colis de nourriture. Ils aidèrent plusieurs détenus à retrouver la liberté et à émigrer à l’étranger. Lorsque commencèrent les arrestations massives de Juifs dans le sud de la France, le pasteur et sa femme sauvèrent beaucoup de vie. Ils cachèrent des Juifs chez eux pendant de courtes périodes, en attendant de leur trouver un refuge plus permanent, le plus souvent chez un membre de leur paroisse. Jacques Martin falsifia des cartes d’identité, et les remit à des Juifs qui en avaient besoin. Il faisait partie d’un réseau qui subtilisait des cartes d’alimentation et des tickets de rationnement pour les faire parvenir aux Juifs qui se cachaient. Les Martin ont hébergé le beau-frère de Jacques, le pasteur André Trocmé (q.v.) dans leur maison familiale de Perdyer (Drôme). Le 22 juin 1944, la Milice arrêta Jacques Martin, accusé d’activités clandestines, et le fit incarcérer à la prison de Montpellier. C’est alors qu’intervint l’une des transactions les plus étranges de cette période troublée : la Résistance négocia la libération du pasteur en échange de mille moutons… et il fut remis en liberté trois jours avant la Libération. Après la guerre, l’Etat-major des armées a décerné à cet objecteur de conscience la Croix de guerre en hommage à son combat « pour aider les réfractaires, les maquis et toutes les victimes de la répression ennemie. »

Le 22 juin 1998, Yad Vashem a décerné au pasteur Jacques et Jacqueline Martin le titre de Juste parmi les Nations.

Jacques et Jacqueline MARTIN

Arie Gabay, Consul d'Israël remet la médaille à Jacques MARTIN

Cérémonie

Documents annexes

Article de presse - Le journal du dimanche du 25/06/1999 Article de presse – Le journal du dimanche du 25/06/1999
9 novembre 2018 07:12:13
Article de presse - Le dauphiné du 25/06/1999 Article de presse – Le dauphiné du 25/06/1999
9 novembre 2018 07:11:13

Articles annexes

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