Dossier n°8321 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Eugène Fédou

Année de nomination : 1998
Date de naissance : 21/07/1894
Date de décés : 03/02/1967
Profession : Cultivateur

Louise FĂ©dou Cabrol

Année de nomination : 1998
Date de naissance : 24/03/1899
Date de décés : 02/04/1979
Profession : Cultivatrice

Localisation Ville : Arthès (81160)
DĂ©partement : Tarn
RĂ©gion : Occitanie

L'histoire

Eugène et Louise Fedou et Henri et Jeanne Vallat, qui leur Ă©taient apparentĂ©s, Ă©taient cultivateurs Ă  Arthes (Tarn). Eugène et Louise avaient pour voisins une famille juive de rĂ©fugiĂ©s. En aoĂ»t 1942, ces voisins avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s après avoir reçu la visite de la gendarmerie accompagnĂ©e du secrĂ©taire de mairie. Nul ne sut quel fut leur destin. Eugène avait Ă©tĂ© tĂ©moin de l’arrestation et avait vu les malheureux arrachĂ©s Ă  leur foyer et embarquĂ©s par la gendarmerie. Il s’Ă©tait alors jurĂ© de faire tout son possible pour Ă©viter qu’une telle tragĂ©die ne se reproduise. En novembre de la mĂŞme annĂ©e, M. et Mme Kapp, des rĂ©fugiĂ©s juifs allemands, arrivèrent Ă  Arthes avec leur fillette de six ans, Ruth. Après des mois d’errance, ils espĂ©raient y trouver refuge. Les Fedou mirent Ă  leur disposition une pièce dans leur propre appartement. Benno Kapp trouva du travail dans une coutellerie et sa fille frĂ©quenta l’Ă©cole communale. Quelques mois plus tard, un employĂ© municipal se prĂ©senta chez les rĂ©fugiĂ©s et menaça de les dĂ©noncer. Mais Benno sentit que l’homme Ă©tait cupide et lui versa chaque mois une petite somme d’argent pour acheter son silence. Le hasard voulut que cet employĂ© corrompu fut arrĂŞtĂ© et se suicida. NĂ©anmoins, en novembre 1943 les Kapp arrivèrent Ă  la conclusion qu’il serait sage de mettre la petite Ruth en sĂ»retĂ©. Ils la placèrent dans une institution catholique, Ă  Sorèze, oĂą elle demeura jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Entretemps, Eugène Fedou apprit que la milice s’apprĂŞtait Ă  faire une descente dans le village pour y arrĂŞter tous les Juifs. Il se prĂ©cipita Ă  l’usine et prĂ©vint Benno Kapp de ne pas rentrer chez lui mais de se rendre chez les Vallat, oĂą sa femme Ă©tait dĂ©jĂ  cachĂ©e. Dès lors, les Fedou et leurs deux filles allèrent, Ă  chaque apparition de la milice, se rĂ©fugier avec les Kapp dans la cave des Vallat, jusqu’Ă  ce que le danger soit passĂ©. Après la guerre, Ruth Kapp Ă©migra aux Etats-Unis et rĂ©digea un manuel scolaire sur la Shoah, basĂ© sur l’histoire du sauvetage de toute sa famille en France.

Le 31 dĂ©cembre 1998, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah, a dĂ©cernĂ© Ă  Eugène et Ă  Louise Fedou ainsi qu’Ă  Henri et Jeanne Vallat le titre de Juste parmi les Nations. 

Ruth Hartz et les ayants droits Lucette Cormary et Andrée Delsol

Remise de la médaille

 

 

Documents annexes

Article de presse - Tarn Info du 13/01/2000 Article de presse – Tarn Info du 13/01/2000
Article de presse - La Croix du Midi du 20/01/2000 Article de presse – La Croix du Midi du 20/01/2000