Dossier n°837

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Les Justes

Année de nomination : 1973
Laurent Leboutet
Année de nomination : 1973
Date de naissance : 20/09/1901
Date de décés : 03/08/1993
Profession : Commissaire principal aux Renseignements Généraux

Localisation Ville : Blois (41000)
Département : Loir-et-Cher
Région : Centre-Val de Loire

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire

Cérémonies

Date de Cérémonie de reconnaissance: 20 Mai 1974

L'histoire

Pendant l’Occupation, Laurent Leboutet était chef des Renseignements Généraux à Blois (Loir-et-Cher) en zone occupée. Lors de ses études de droit avant la guerre, il avait été membre de la Ligue Internationale contre l’antisémitisme. Pendant la guerre, il fit courageusement usage de sa position pour venir en aide à des Juifs persécutés. En octobre 1941, un couple qu’il connaissait lui demanda d’aider quatre amis juifs, dont Mme Novogrotte et son fils, à franchir la ligne de démarcation pour se réfugier en zone sud. Laurent Leboutet prépara soigneusement l’opération avec un passeur. Mme Novogrotte fut cachée dans une caisse de bois hissée sur une charrette et recouverte de divers objets. Son fils, habillé en paysan et muni de faux papiers, tenait les rênes. Laurent Leboutet l’attendait à Selles-sur-Cher, au poste de contrôle allemand sur la ligne de démarcation, où il fit mine de chercher ses papiers sans les trouver. Une longue file d’attente se constitua derrière lui. Lorsque Laurent présenta enfin ses papiers, l’officier allemand, énervé, fit passer rapidement le « paysan » et sa charrette. Mme Novogrotte et son fils étaient sauvés. En 1942, lors d’une visite au camp de détention de Lamotte-Beuvron, Laurent Leboutet remarqua une femme hagarde et en guenilles. Il reconnut Marthe Roudine, une juive qui avait été sa condisciple à la Faculté de Droit à Paris. Il appela un garde et lui ordonna d’aller dire à la femme que le Commissaire spécial voulait la voir. Bien que son autorité ne s’étende pas aux prisonniers, il fit enlever le nom de Marthe de la liste des détenus et convainquit la jeune femme de s’échapper, lui indiquant une cachette sûre. Après la guerre, il continua à aider les Juifs. C’est ainsi qu’il facilita le départ de l’« Exodus » en juillet 1947. Ce navire avait à son bord 4 554 réfugiés, survivants des camps de la mort, qui partaient commencer une vie nouvelle en Palestine. L’ »Exodus » était mouillé en rade de Sète. Laurent Leboutet, alors commissaire principal du port, était chargé d’inspecter les passeports et de délivrer l’autorisation de lever l’ancre. Parfaitement conscient du caractère illégal de l’opération, il laissa partir le bateau. Il devait dire plus tard : « Mon attitude était guidée par le coeur et l’esprit de justice. Oui, je n’ai fait que mon devoir en sauvant des vies et en donnant un peu de chaleur humaine à ceux qui souffraient, pendant la guerre mondiale et en toutes circonstances. »

Le 6 novembre 1973, L’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Laurent Leboutet le titre de Juste parmi les Nations. 

Laurent LEBOUTET au premier rang, deuxième à gauche

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