Dossier n°8375 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1999

Louis Derenne

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 17/12/1892
Date de décés : 08/11/1956
Profession : Directeur de l’école communnale de garçons, instituteur de la classe du certificat d’étude

Localisation Ville : Landivy (53190)
Département : Mayenne
Région : Pays-de-la-Loire

L'histoire

Directeur de l’école communale de garçons de Landivy (Mayenne), Louis Derennes était aussi l’instituteur de la classe du certificat d’études. D’assez nombreuses familles de ce village des pays de la Loire prenaient en nourrice des enfants, pour la plupart d’âge scolaire, qui venaient de la capitale et de sa périphérie. Deux assistantes sociales parisiennes, Madame Mounier et Mademoiselle Laborde, s’occupaient pendant l’occupation de ces placements et convoyaient les enfants. Le seul registre de l’école de garçons indique la présence dans ses classes, entre 1940 et 1944, de 68 de ces enfants. Parmi eux, plus de 20 étaient des garçonnets juifs et Louis Derennes veillait attentivement à leur sécurité. En juin 1944, la Kommandantur de Laval interrogea le directeur d’école à propos de la présence d’élèves juifs dans son établissement. L’un de ceux-ci, Georges Gutman, 13 ans, recueilli à Landivy par la famille Chevris (q.v.), en a conservé le souvenir suivant : « Le directeur m’isola de mes camarades pendant une récréation et m’informa. J’eus peur, mais je répondis : Je pense qu’il n’y a pas d’élèves juifs à l’école, Monsieur Derennes. Il me répondit : évidemment, il n’y en a pas. Mais si tu en connaissais, dis-leur de ne plus venir à l’école ». Pour expliquer son absence et celle de ses camarades juifs sans pour autant divulguer leur identité juive, Georges imagina de raconter que M. Derennes lui avait dit que les élèves pouvaient « rester dans les fermes pour aider à rentrer les foins ». Il prévint évidemment ses camarades juifs de ne pas se rendre à l’école. Puis ce fut les grandes vacances et enfin la Libération.

Le 17 février 1999, Yad Vashem a décerné à Louis Derennes le titre de Juste des Nations.

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