Dossier n°8388 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1999

Adrien Daurelle

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 01/11/1900
Date de décés : 09/09/1961
Profession : Notaire

Localisation Ville : Briançon (5100)
Département : Hautes-Alpes
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

L'histoire

Me Adrien Daurelle était notaire à Briançon (Hautes-Alpes). Etudiant, il avait accompli son stage à Marseille, dans l’étude de Me Gilbert Lévy-Bram, juif né à Alger. Les lois de Vichy entraînèrent l’ »aryanisation » de cette étude. En 1943, comme la chasse aux Juifs sévissait à Marseille, Gilbert Lévy-Bram, sa femme et leur fillette Michèle alors âgée de 2 ans, se réfugièrent à Briançon. Son ex-stagiaire, Adrien Daurelle, très actif dans la Résistance, établit aussitôt une attestation certifiant que M. Gilbert Martin (nom de jeune fille de son épouse, non juive) était employé en son étude en qualité de clerc de notaire. Hélas dénoncé, Lévy-Bram fut arrêté par la Gestapo. Avec une bravoure exceptionnelle, le notaire intervint de la manière la plus énergique pour exiger l’élargissement de son « clerc », prétendument victime d’une allégation mensongère, et, miraculeusement, parvint à ses fins. C’est alors que Gilbert Lévy-Bram contracta la typhoïde. Adrien Daurelle décida aussitôt de protéger la petite Michèle d’une contagion qui lui aurait été fatale et l’hébergea chez lui. Il affecta une secrétaire de son étude à la garde de la fillette, au mépris des dangers auxquels il s’exposait. Durant les journées du 29 août au 6 septembre 1944, lorsque Briançon reconquise par les Allemands fut livrée au chaos, au pillage et à une sanglante terreur, privée d’eau, d’électricité et de tout ravitaillement, Adrien Daurelle tint tête aux occupants pour la défense de tous ses concitoyens, et sut assurer également la sécurité de ses deux protégés juifs.

C’est seulement de nombreuses années plus tard que Michèle Lévy-Bram eut la révélation de ces faits, lorsqu’en 1992, après la mort de ses parents, elle tria les papiers de son père. Elle décida alors de s’employer à ce que « les deux filles d’Adrien, Noëlle et Catherine, sachent que leur père était plus qu’un grand résistant. Que c’était un Juste. » 

Le 7 mars 1999, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Adrien Daurelle le titre de Juste parmi les Nations.

 

Adrien Daurelle

Documents annexes

Article de presse - Alpes du 18/10/2002 Article de presse – Alpes du 18/10/2002
1 janvier 2018 10:50:08
Article de presse - Le Dauphiné libéré du 10/10/2002 Article de presse – Le Dauphiné libéré du 10/10/2002
1 janvier 2018 10:49:30
Invitation cérémonie Invitation cérémonie
1 janvier 2018 10:47:19

Articles annexes

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