Dossier n°8473 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Jeanne Lavialle

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 23/06/1898
Date de décés : 13/12/1978
Profession : attachée à la Préfecture du Cantal de 1919 à 1960, Fonctionnaire et chef de service « des étrangers et des Israélites »

Localisation Ville : Aurillac (15000)
Département : Cantal
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Jeanne LAVIALLE

En novembre 1942, le préfet régional de Clermont-Ferrand ordonna à M. Roger Homo, préfet d’Aurillac (Cantal) l’ouverture d’une enquête contre Mademoiselle Jeanne Lavialle, chef du service dit « des Étrangers et des Israélites », accusée de commettre des irrégularités dans l’exercice de ses fonctions. Le préfet confia l’enquête au commissaire principal des Renseignements Généraux. Melle Lavialle avait délivré des permis de séjour et des permis de travail à Arpajou-sur-Cère, localité voisine d’Aurillac, à des dizaines de Juifs incorporés de force dans des GTE (Groupements de travailleurs étrangers) et des membres de leur famille. Un rapport d’enquête du 22 décembre 1942 détaille la situation administrative de 19 titulaires de ces permis, domiciliés à Arpajou avec leur famille, au total plus de 50 personnes. Parallèlement, le préfet convoqua Jeanne Lavialle pour entendre sa version des faits. En fin de compte, Roger Homo décida de « couvrir » sa subordonnée et écrivit qu’après « un examen attentif de la situation, aucune irrégularité n’a été relevée« . Au lendemain de la Libération, le préfet du Cantal nouvellement nommé adressa une note à Jeanne Lavialle : « J’ai appris avec quelle persévérance et quel bonheur vous avez pu éviter l’arrestation de nombreuses personnes traquées par la férocité des autorités allemandes ». Dix ans après, Roger Homo révéla dans une lettre que Jeanne Lavialle avait été victime de « dénonciations auprès du Gouvernement ». De nombreux témoignages de personnes sauvées, il ressort que Jeanne Lavialle camouflait des enfants juifs dans des homes et internats catholiques et laïcs. Une jeune femme, Fanny Lewiner, réfugiée de Paris à Vic-sur-Cère, a écrit qu’à la veille de rafles de Juifs, Mademoiselle Lavialle, ou son assistante Madame Olivier, venait à bicyclette d’Aurillac pour la prévenir, elle et les siens.

Le 24 mai 1999, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Jeanne Lavialle le titre de Juste parmi les Nations.

Jeanne LAVIALLE en 1950 à son bureau de la préfecture d’Aurillac

Documents annexes

Bulletin municipal Bulletin municipal