Dossier n°8626 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1999

Henriette De Roys Geoffroy

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 03/10/1907
Date de décés : 01/04/1984
Profession : Marquise, mère de 4 enfants

René De Roys

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 01/03/1898
Date de décés : 18/01/1945
Profession : Marquis,officier de carrière, fondateur et animateur du premier réseau de résistance

Localisation Ville : Villecerf (77250)
DĂ©partement : Seine-et-Marne
RĂ©gion : ĂŽle-de-France

L'histoire

Le château de Saint-Ange à Villecerf (Seine-et-Marne) était le domaine familial des marquis de Roys. A l’époque de l’Occupation, le marquis était René de Roys, officier de carrière, fondateur et animateur du premier réseau de résistance de la région. Il habitait au château avec la marquise Henriette de Roys, leurs quatre enfants dont le cadet, Jérôme, naquit en 1942, plusieurs proches et un assez nombreux personnel. En juillet 1942, René de Roys engagea une gouvernante pour ses enfants, Estéra Sztrumpfman, qui fut présentée à tous les résidents du château sous le nom de « Midia ». La marquise Henriette la logea non pas avec le personnel dans les communs, mais dans une chambre au château. Le mari d’Estéra, Simon Sztrumpfman, réfugié juif de Pologne comme elle-même, était l’un des cadres du réseau clandestin MOI. A la veille de la grande rafle des Juifs de Paris, il avait placé sa fille Jeannette, 5 ans, à l’Institut Notre-Dame à Versailles. Quant à Estéra, son accueil au Château de Saint-Ange était dû aux relations nées entre de Roys et Sztrumpfman, qui s’étaient connus dans la Résistance. A la suite d’une intervention chirurgicale dans une clinique versaillaise, la petite Jeannette convalescente fut à son tour accueillie au château le 10 mai 1943. « J’étais très heureuse », a-t-elle confié plus tard, « j’avais retrouvé ma mère ; les parents et les enfants [de Roys] dont je partageais les jeux m’avaient adoptée. La marquise avait ordonné à Christian, son neveu plus âgé que nous, de prendre soin de ma poupée afin qu’elle ne soit pas cassée. May sa sœur et Béatrice [de Roys] étaient devenues mes amies, nous étions inséparables ». Mais le 4 août 1944, le château fut encerclé par des Allemands et des miliciens et systématiquement fouillé, tandis que le marquis lieutenant-colonel René de Roys était arrêté. Déporté au camp de Dora, il y fut assassiné. Le père de Jeannette, Simon Sztrumpfman, combattant dans le bataillon FTP Carmagnole-Liberté fut arrêté à Lyon et fusillé le 24 avril 1944.

Le 2 septembre 1999, Yad Vashem a décerné à René et Henriette de Roys le titre de Juste des Nations.

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