Dossier n°898

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Les Justes

Année de nomination : 1974
Marguerite Bernes
Année de nomination : 1974
Date de naissance : 30/09/1901
Date de décés : 01/04/1999
Profession : Religieuse française, assistante de la mère supérieure du couvent de San Giacomo à Rome

Localisation Ville : Rome ()
Département :
Région :

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Marguerite Bernes
Marguerite Bernes, une religieuse française, passa la guerre en Italie où elle était l’assistante de la Mère supérieure du couvent San Giacomo à Rome. Ses fonctions consistaient en fait à diriger le monastère. C’est ainsi qu’elle réussit, en prenant des risques considérables, à cacher dans ses bâtiments des Juifs et des Italiens persécutés et, de la sorte, sauva de nombreuses vies humaines. En septembre 1943, après l’occupation de Rome par les Allemands, Anita Finzi s’enfuit de chez elle avec ses enfants. Après bien des difficultés, elle entendit parler du couvent. Soeur Bernes l’accueillit chaleureusement, la logea avec d’autres réfugés juifs dans une grande pièce tandis qu’elle cachait d’autres Juifs et Italiens pourchassés par les Allemands dans le campanile d’une église voisine. Elle assura le ravitaillement de tous les fugitifs, fit de son mieux pour qu’ils ne manquent de rien et se fit même un devoir d’aider les Juifs à observer les pratiques de leur religion. Les Allemands, qui se doutaient de la présence de Juifs dans les environs, perquisitionnaient régulièrement  dans les couvents et les églises. La religieuse française et ses collègues italiennes étaient parfaitement au courant; pourtant leur sens du devoir et leur esprit de charité les poussa à continuer à risquer leur vie pour les malheureux qui leur avaient demandé assistance. En effet, à peu près au moment où les Finzi venaient frapper à la porte du couvent, les Allemands avaient arrêté un prêtre « coupable » d’avoir caché des Juifs dans un monastère du voisinage – et l’avaient condamné à mort « pour l’exemple ». Il se trouva un mouchard pour révéler aux Allemands que des Juifs se cachaient à San Giacomo. La Gestapo fit, à l’improviste, une descente en force et arrêta nombre des réfugiés. Quelques uns, dont les enfants Finzi, réussirent à fuir. Soeur Marguerite leur trouva une nouvelle cachette dans un autre couvent. Au printemps 1944, Rosetta Sermoneta, une juive italienne, fuyant les Allemands, vint chercher refuge auprès de Soeur Bernes, dont elle avait entendu parler par une amie commune catholique. La religieuse l’accueillit chaleureusement, la logea dans une grande pièce avec d’autres fugitifs et l’aida à s’habituer à la vie du couvent, lui permettant de suivre gratuitement les cours de l’école. Plusieurs années après la guerre, Soeur Marguerite Bernes fut transférée à Jérusalem comme Mère supérieure du couvent Saint Vincent d’Ein Karem, un foyer pour enfants handicapés mentaux. Elle se vit attribuer le titre de « Citoyenne d’honneur de Jérusalem » pour son oeuvre. Pourtant, elle ne mentionna jamais ses activités pendant la guerre, convaincue que d’autres avaient plus de titres qu’elle à la gratitude du peuple juif. « Dans ma jeunesse, devait-elle déclarer, Dieu m’a demandé de vouer mon existence au service de mes pauvres frères qui souffrent, dans l’humilité et le silence… le peu que j’ai fait durant les longs mois de l’Holocauste a déjà été amplement récompensé, chose à laquelle je ne m’attendais pas… » La famille Finzi resta en contact avec la religieuse française et vint lui rendre visite à Jérusalem.

Le 15 août 1974, Yad Vashem a décerné à Marguerite Bernes le titre de Juste des Nations.

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