Dossier n°9035 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2000

Claude Deschamps

Année de nomination : 2000
Date de naissance : 23/12/1902
Date de décés : 19/04/1983
Profession : Agriculteur

Marie Deschamps Boucard

Année de nomination : 2000
Date de naissance : 17/06/1905
Date de décés : 13/04/1972
Profession : Agricultrice

Localisation Ville : Effiat (63260)
DĂ©partement : Puy-de-DĂ´me
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Claude-Noël et Marie Deschamps exploitaient une ferme isolée, située au lieu-dit « Le Baudier », à Effiat (Puy de Dôme). Ils avaient quatre enfants et leurs deux aînés aidaient déjà aux travaux de la ferme. En 1939, Pierre Deschamps, cousin de Claude-Noël, avait été mobilisé et cantonné à Benfeld, en Alsace. Les militaires de son régiment étaient logés chez l’habitant et Pierre fut hébergé par la famille Dreyfuss avec laquelle il se lia d’amitié. Quand les Juifs furent expulsés d’Alsace, Germaine Dreyfuss et ses deux fils, Jean et Léon, passèrent en zone Sud. Ils s’installèrent à Vichy, dans une chambre louée. Jean, l’aîné, travaillait et Léon allait au Collège. Ils renouvelèrent le contact avec Pierre Deschamps qui habitait à proximité et travaillait comme garde forestier. Ils résidèrent à Vichy jusqu’au mois d’août 1943, date à laquelle l’arrestation d’amis juifs incita Germaine Dreyfuss à redoubler de précautions. Elle s’adressa à Pierre pour prendre conseil. Sa maison étant trop fréquentée, il recommanda les fugitifs à son cousin Claude-Noël, lui exposant les dangers encourus. Claude-Noël accepta tout naturellement et sans conditions de les héberger. Leur exploitation comprenait trois bâtiments. Ils habitaient l’un d’eux, le second était en ruines et ils proposèrent de loger les Dreyfuss dans le troisième. Claude-Noël les aida à déménager leurs effets avec sa camionette et surtout à leur obtenir des faux papiers, au nom de Deschamps. Jean Dreyfuss étant recherché non seulement comme juif mais aussi comme réfractaire du S.T.O., le couple prit soin de le faire héberger chez la mère de Marie, Mme veuve Boucard, cultivatrice, à quelques kilomètres du Baudier. Jean l’aida aux travaux des champs alors que Léon, avec ses faux papiers, continua à fréquenter le collège à Vichy où il se présenta aux épreuves du baccalauréat, au lendemain de la Libération. Claude-Noël et Marie Deschamps cachaient aussi deux réfractaires du S.T.O. Leur courage et leur idéal humanitaire permirent la survie de la famille Dreyfuss.                

Le 13 aoĂ»t 2000, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Claude-NoĂ«l et Marie Deschamps le titre de Juste des Nations.

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