Dossier n°9125A - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Joannes Furnon

Année de nomination : 2000
Date de naissance : 09/12/1888
Date de décès : 05/12/1972
Profession : Ouvrier métallurgiste Fraiseur outilleur

Catherine Furnon Rivoire

Année de nomination : 2000
Date de naissance : 22/05/1888
Date de décès : 07/05/1975
Profession : Couturière en chambre

    Localisation Ville : Saint-Etienne (42000)
    Département : Loire
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Catherine et Joannès FURNON étaient jeunes mariés (ils avaient 22 ans) lorsqu’Yvonne GOTTLIEB-HERTZ fut confiée en nourrice, en 1911, à la mère de Catherine, Jeannette RIVOIRE, blanchisseuse à la Talaudière commune de Saint-Etienne (Loire).

    L’attachement qui unissait la famille HERTZ à celle de «la Nounou » dépassait le seuil de l’amitié : c’était un  amour réciproque d’autant plus fort pour Catherine et Joannès qu’ils n’avaient jamais eu d’enfants et que leur protégée fut très tôt  orpheline.

     En 1941, Yvonne qui était devenue Madame Roger NETTER, avait deux filles Alberte (née en 1934) et Monique (née en 1938). Quand les premières lois de Vichy qui dépossédaient les juifs et les privaient de leurs moyens de subsistance furent édictées,  les FURNON, furent à tel point bouleversés qu’en cachette de tout le monde (même de son mari)  Catherine, ne pouvant imaginer que le vainqueur de Verdun couvre une telle injustice, lui envoya une lettre de protestation à laquelle Xavier VALLAT, Commissaire aux questions juives, répondit en personne par un courrier hypocrite dont elle ne révéla l’existence qu’après la Libération.

    A partir de l’invasion de la zone sud, le commandement allemand appliqua la politique d’arrestations et de déportations  déjà exercée  au nord de la France. Le cœur brisé, les FURNON durent se résoudre à voir partir les NETTER à Marlhes, un  village situé à une vingtaine de kilomètres de la ville où, en mars 44 ils échappèrent de justesse à une descente de la gestapo. Dès le lendemain, par mesure de sécurité, la famille se dispersait. Les enfants furent provisoirement confiées à des fermiers de la région et la mère de Roger fut recueillie  par Germaine et André CELLARD, nommés Justes parmi les Nations en novembre 2010 (dossier Yad Vashem n° 9125).

    Pour Yvonne et Roger, il était plus difficile de trouver un refuge, car Yvonne, victime d’une mauvaise chute,  était immobilisée par un plâtre. Tout naturellement, les FURNON ouvrirent grand la porte du modeste logement qu’ils occupaient à Saint-Etienne, rue du Chambon, situé juste en face d’un café fréquenté par des miliciens. Chaque matin, Joannès prenait son poste de fraiseur-outilleur à la Manufacture d’Armes tandis que Catherine qui faisait de la couture en chambre, recevait ses clientes dans la cuisine. Pendant cinq mois, Yvonne et Roger restèrent terrés dans la chambre du fond, derrière les volets fermés où durant trois semaines leurs deux filles les rejoignirent avant d’être cachées et sauvées par Paule et Jo THIOLLIER (dossier Yad Vashem n° 9125).

    Catherine et Joannès qui savaient parfaitement ce qu’ils risquaient, étaient prêts à se faire tuer pour ceux qu’ils aimaient, comme l’auraient fait des parents pour leurs enfants.

    Le 29 octobre 2000, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Monsieur Joannès FURNON et son épouse Catherine, le titre de Juste parmi les Nations.




    Mis à jour il y a 7 mois.