Dossier n°9197 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Joseph Labeyrie

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 06/01/1892
Date de décès : 04/04/1969
Profession : Métayer

    Localisation Ville : Orthez (64300)
    Département : Pyrénées-Atlantiques
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Joseph Labeyrie était agriculteur au village d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Ancien combattant de 1914-1918 et grand invalide de guerre, il avait perdu l’usage de l’œil gauche. Patriote attaché à sa terre béarnaise et fidèle à l’éducation protestante de sa famille, il s’opposa très tôt à l’occupation allemande et mit en pratique le respect de l’étranger professé par la Bible. Le destin voulut que sa maison se trouvât sur la ligne de démarcation, à proximité du poste frontière allemand. Il mit à profit cette situation pour passer du courrier mais surtout pour faire franchir la ligne de démarcation à de nombreuses personnes dont des Juifs en danger, pendant que son épouse conviait les gardes allemands à la table familiale.

    Il avait aussi neutralisé le chien de garde des Allemands en l’apprivoisant. Parmi les rescapés, Maurice Matisson, jeune juif de 16 ans à l’époque, avait échappé à l’arrestation de la rafle du Vel d’Hiv à Paris. Il avait sous sa responsabilité sa petite sœur Cécile, et trois neveux de 10 à 4 ans, que sa grande sœur lui avait envoyés à Paris avant qu’elle se ne soit arrêtée à Bordeaux. Maurice réussit à fuir Paris avec sa jeune escorte et après un long périple arriva à Orthez où on l’adressa à Joseph Labeyrie. Il leur fit passer la ligne de démarcation sans rémunération aucune et à ses risques et périls. De même, les huit membres de la famille Strilrever, des juifs étrangers, qui demeuraient rue de l’Horloge à Orthez et portaient l’étoile jaune purent passer clandestinement en zone sud grâce à Joseph Labeyrie et ses fils. Ces actes de bravoure furent révélés à l’occasion du procès Papon et commémorés par l’attribution du nom de Joseph Labeyrie à une place d’Orthez.

    Le 18 janvier 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Joseph Labeyrie le titre de Juste parmi les Nations.

    Documents annexes

    Article de presse du 24/06/2002Article de presse du 24/06/2002