Dossier n°9199 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Armande Tremblay Raimbault

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 27/05/1895
Date de décès : 15/06/1980
Profession : sans profession, mère de 2 enfants

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    L'histoire

    Armande Tremblay, simple employée de maison, habitait avec son compagnon, agriculteur, à La Ferrière (Indre-et-Loire). Âgée de 47 ans en 1942, ses deux enfants adultes ne vivaient plus chez elle. A la demande d’amis, elle accueillit sous son toit, à la fin de l’été 1942, un garçonnet juif de Paris, Jean Rotman, 9 ans. Le père de Jean, arrêté en mai 1941, avait été interné à Beaune-la-Rolande et ensuite libéré. En juillet 1942 pendant la rafle du Vel’ d’Hiv, le père subit une seconde arrestation mais cette fois avec toute sa famille, sa femme, sa fille aînée Sarah et Jean. Ils réussirent à échapper à la police avant d’arriver au vélodrome. Le couple Rotman, alors caché à Paris, décida de se disperser et Jean fut envoyé à La Ferrière. Là, Armande l’intégra chaleureusement à sa famille, malgré les risques résultant de la proximité de troupes allemandes. Elle le scolarisa sous le nom de Jean Richard mais le danger de dénonciation continuait à peser. Malgré les doutes de certains, il n’a jamais été dénoncé. Armande était soutenue dans ses démarches par le maire, le châtelain du village, le curé qui accueillait Jean régulièrement à l’église et par l’instituteur, M. Chanteloup, qui fournissait des tickets de ravitaillement parce que Jean ne figurait sur aucun registre. L’appui des notabilités du village a encouragé la complicité silencieuse des habitants. Jean se souvient qu’il vécut « tout à fait normalement » chez Armande jusqu’à la Libération qui le réunit à sa famille.

    Le 18 janvier 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Armande Tremblay-Raimbault le titre de Juste parmi les Nations.




    Mis à jour il y a 10 mois.