Dossier n°9235 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2001

André Gioux

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 26/03/1901
Date de décès : 10/08/1986
Profession : Maire, viticulteur

    Localisation Ville : Ingrandes (49123)
    Département : Maine-et-Loire
    Région : Pays-de-la-Loire

    L'histoire

    André Gioux était viticulteur et maire d’Ingrandes-sur-Loire, (Maine-et-Loire). En 1938, il donnait des cours de pilotage sur le terrain d’aviation Morane près de Villacoublay, où l’un de ses élèves était Jean-Charles Bloch. Ils se lièrent d’amitié et André fit connaissance de Mme Bloch, sa mère, et de Madeleine, sa sœur aînée 25 ans. En 1942, les deux femmes furent prévenues par un employé de la mairie de leur domicile parisien de l’imminence d’une rafle de Juifs, leur conseillant de s’enfuir. Elles quittèrent Paris sans délai, avec l’intention de passer en zone sud. Mais leurs cartes d’identité portaient le tampon « Juif », ce qui les mettait dans l’impossibilité de réaliser leur plan. Sur leur route, elles s’arrêtèrent à Ingrandes à la recherche d’André Gioux. Etant toujours le maire, il accepta d’établir pour les deux fugitives de fausses cartes d’identité au nom de de Vernan. Ces papiers leur sauvèrent la vie. Elles purent prendre le train pour Marseille et ensuite se replier sur Nice où elles eurent la chance de survivre jusqu’à la fin de la guerre, contrairement à de nombreux membres de leur famille, arrêtés et morts en déportation. Jean-Charles, décoré de la médaille militaire, participa aux combats de la Libération dans une unité de l’armée américaine qui avançait sur la ligne Nantes-Paris. A l’occasion d’une étape à Ingrandes, il retrouva André Gioux, lui-même engagé dans la Résistance, qui le renseigna sur les mouvements des troupes allemandes.    

    Le 4 avril 2001, Yad Vashem a décerné à André Gioux le titre de Juste de Nations.

    Le témoignage

    En 1938, Jean-Charles BLOCH, né en 1921, prend des leçons d’aviation à Villacoublay. Il espère réussir son conseil de révision d’élève pilote pour contracter un engagement volontaire en cas de guerre.

    André GIOUX, par ailleurs maire d’Ingrandes sur Loire, consacre bénévolement son temps libre à la formation de ces jeunes pilotes. C’est ainsi que les deux hommes font connaissance. Un jour, après une leçon, André GIOUX raccompagne le jeune Jean-Charles chez sa mère, qui habite Paris. Resté à déjeuner il fait ainsi la connaissance de cette dernière et de sa fille.

    Après la défaite et la signature de l’armistice, Jean-Charles BLOCH parvient finalement à rejoindre les Forces Alliées. Madame BLOCH et sa fille restent donc seules dans l’appartement parisien.

    En 1942, elles sont prévenues des risques imminents d’arrestation par un employé de la mairie du 8ème arrondissement. Elles quittent Paris. Les gendarmes français viennent effectivement à l’appartement pour arrêter les deux femmes. Ils y trouvent finalement, aux côtés de Juliette Boulinguez, nourrice de la famille, un jeune ami des BLOCH, Philippe HALPHEN, qui s’était cru en sécurité. Il fut déporté à Buchenwald, dont il revint fort heureusement.

    Madame BLOCH et sa fille, devenue depuis Madame MANN, cherchent à passer en zone libre. Elles se rendent donc à Ingrandes sur Loire où André RIOUX les accueille. Les hôtels de la ville étant complets, il remet sans hésiter aux deux femmes les clefs de sa maison d’Angers et contacte une de ses connaissances à la mairie pour obtenir de  » vrais  » faux papiers. Madame et Mademoiselle BLOCH deviennent Madame et Mademoiselle de VERNAN. Grâce à André GIOUX, ce refuge temporaire et cette identité leur permettront de voir la Libération du territoire. Le frère de Madame BLOCH, Simon BLOCH et sa femme n’ont pas eu cette chance. Il furent déportés et ne revinrent pas.

    Quant à Jean-Charles, à la tête de l’une des trois patrouilles de cavalerie blindée de la 5ème Division US de la 3ème Armée du Général Patton, il participa notamment à la Libération d’Ingrandes s/Loire, dans laquelle André GIOUX prit lui aussi une part active.

     

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