Dossier n°9300 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Elizabeth (Balcke) Munch

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 21/02/1910
Date de décès : 07/12/1978
Profession : Directrice d’une pension pour enfants, mère de 3 enfants

Eugène Munch

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 03/02/1904
Date de décès : 15/09/1980
Profession : officier de l’Armée du Salut, Econome puis Directeur d’une pension pour enfants « les Grillons »

    Personnes sauvées

    Date de Cérémonie de reconnaissance: 20 Janvier 2002

    L'histoire

    Eugène & Elisabeth entourant le pasteur Trocmé devant la maison d'enfants Les Grillons

    Eugène & Elisabeth entourant le pasteur Trocmé devant la maison d’enfants Les Grillons

    Élisabeth et Eugène Münch, originaires de Strasbourg, choisissent de s’installer en France après l’occupation allemande de l’Alsace en juin 1940, lorsque la région est annexée de fait par le Reich. Tous deux officiers de l’Armée du Salut, ils obtiennent en 1942 un poste à la pension de famille Les Grillons, située face à la chaîne des Cévennes, à quelques kilomètres du Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire. Ils s’y installent alors avec leurs trois jeunes enfants.

    La pension, un long ensemble de bâtiments donnant sur la route, comprend au centre une ferme avec son étable et son abreuvoir, encadrée de deux ailes d’habitation. Les Münch se chargent d’abord de l’économat. En 1943, Eugène prend la direction de l’institution, secondé par son épouse.

    De religion protestante, ils travaillent en étroite collaboration avec le Secours Suisse (actif dans la région depuis 1941) et avec le Collège Cévenol, fondé en 1938 par les pasteur André Trocmé et Édouard Theis, figures majeures de la résistance civile non-violente, qui seront nommés Justes parmi les Nations avec leurs épouses respectives en 1971 et 1981. Les Münch accueillent aux Grillons une quinzaine d’adolescents juifs, tous munis de fausses identités. Certains sont confiés par leurs parents qui financent leur séjour ; d’autres sont hébergés gratuitement. Ces adolescents suivent leur scolarité au Collège Cévenol, tandis que Daniel Trocmé, cousin d’André Trocmé, supervise leurs études dans les pensions « Les Grillons » et « Les Roches ». Le soir, Eugène anime des veillées dont les anciens enfants cachés gardent un souvenir très vif de chants, de danses, de musiques et de pièces de théâtre improvisées.

    Le 26 juin 1943, la pension est le théâtre d’une rafle menée par la Gestapo. Tous les jeunes juifs ainsi qu’Eugène sont arrêtés et transférés aux Roches, autre pension du Chambon-sur-Lignon où plusieurs adolescents juifs du Collège Cévenol sont déjà rassemblés avec leur directeur, Daniel Trocmé, en attente de déportation. Interrogé par les Allemands, Eugène est finalement relâché lorsqu’ils comprennent qu’ils recherchent un homonyme. Dix-huit pensionnaires des Roches et leur directeur, Daniel Trocmé, sont déportés par camion – vraisemblablement vers Drancy, puis vers Sobibor en juillet 1943 – et ne reviendront jamais.

    Malgré le drame et les risques encourus, Eugène retourne aux Grillons et avec son épouse, continue de cacher et d’accueillir de jeunes Juifs persécutés. Parmi eux se trouvent notamment les sœurs Arlette et Maryse Auerbacher, ainsi que Martine et Jean-Michel Schmoll, inscrits comme protestants, qui témoigneront plus tard de la générosité et du courage exceptionnel des Münch. Plusieurs descentes de la gendarmerie ou de la police française échouent grâce au maquis, qui avertit en amont pour mettre les enfants à l’abri.

    Le parcours d’Élisabeth et d’Eugène Münch s’inscrit dans la même tradition de sauvetage que celui du pasteur André Trocmé et de son épouse Magda, eux aussi nommés Justes parmi les Nations. Le Chambon-sur-Lignon devient durant la Seconde Guerre mondiale l’un des plus importants lieux de refuge d’enfants juifs en Europe ; plusieurs centaines d’entre eux y survivent, alors que nombre de leurs familles ont été déportées entre 1942 et 1944.

     

    Le 4 avril 2001, Yad Vashem, l’Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerne à Élisabeth et Eugène Münch le titre de Justes parmi les Nations.

     

    10 ans de mariage de Eugène & Elisabeth MUNCH dans la maison où ils ont cachés des juifs à Mariton, Hameau La Bruyère au Chambon

    10 ans de mariage de Eugène & Elisabeth MUNCH dans la maison où ils ont cachés des juifs à Mariton, Hameau La Bruyère au Chambon

    Documents annexes

    Invitation cérémonie MunchInvitation cérémonie Munch
    21 août 2014 16:43:35

    Articles annexes

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    Mis à jour il y a 2 semaines.