Dossier n°9373 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

André Rostaing

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 29/05/1900
Date de décés : 19/01/1971
Profession : Agriculteur

André-Noël Rostaing

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 26/12/1925
Date de décés : 18/03/2005
Profession :

Louise Rostaing Charras

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 19/04/1905
Date de décés : 17/03/1996
Profession : Agricultrice

Localisation Ville : Puy-Saint-Martin (26450)
Département : Drôme
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

1943-1944 à droite André-Noël Rostaing qui tient la jument

1943-1944 à droite André-Noël Rostaing qui tient la jument

Louise et André Rostaing habitaient une ferme isolée à Puy-Saint-Martin (Drôme), avec leur fils Noël, 18 ans, et leur fille Marie-Madeleine, 5 ans. En février 1943, ils accueillirent sous leur toit Max Turteltaub, un enfant juif réfugié d’Allemagne, que les Eclaireurs Israélites de France avaient recueilli à la ferme de Moissac, après l’avoir extrait du camp d’internement d’Agde. Ses parents furent déportés et périrent à Auschwitz. Au début 1943, le centre de Moissac dut disperser ses protégés. Une assistante sociale chargée de placer Max, 13 ans, contacta le pasteur Debut à Puy-Saint-Martin. Ce dernier s’adressa aux Rostaing qui acceptèrent de l’héberger. Il se fit appeler « Marcel Turno » et fut présenté comme un orphelin placé par une organisation protestante, la confession des Rostaing. Considéré comme un membre de la famille, Max allait à l’école avec Marie-Madeleine et ils gardaient aussi le troupeau. Les Rostaing vinrent en aide à deux autres familles juives. Ils hébergèrent les Blum et leur fille jusqu’à ce que Louise leur trouve un logement au village. Elle fit de même pour les Pilczer et leurs deux fils dont l’aîné, Simon, membre de la Résistance, fut arrêté par les Allemands et fusillé avec des camarades à Sauzet. Les Rostaing abritèrent aussi un opérateur-radio qui dut s’éclipser précipitamment lors de la visite d’une patrouille allemande, abandonnant derrière lui son matériel qu’André cacha dans une remise. Suspectée pour son soutien à la Résistance, toute la famille dut abandonner son domicile pour se cacher dans les bois et ensuite chez des amis, au cours des combats de la Libération. Max séjourna chez les Rostaing jusqu’en septembre 1944. A cette date, l’assistante sociale des E.I.F vint le rechercher mais chaque année il revint visiter ses sauveurs auxquels il voua une profonde reconnaissance. Il prit sa retraite à Dieulefit et depuis retrouve Marie-Madeleine chaque semaine pour jouer au scrabble.

Le 4 septembre 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Louise et André Rostaing et à leur fils Noël le titre de Juste parmi les Nations. 

 

 

 

1943-1944 Marie-Madeleine & Marcel

1943-1944 Marie-Madeleine & Marcel Rostaing

 

1943-1944 Simon Pilczer

1943-1944 Simon Pilczer sur son vélo

 

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