Dossier n°9401 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Amélie Pegaz Chanvillard

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 06/02/1920
Date de décés : 25/10/2016
Profession : Cultivatrice

Raymond Pegaz

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 10/03/1907
Date de décés : 06/05/1950
Profession : Facteur, ciltivateur

Renée Pegaz

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 02/09/1929
Date de décés : 02/09/1955
Profession :

Thérèse Pegaz Cochet

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 13/03/1885
Date de décés : 30/11/1962
Profession :

Localisation Ville : Montcel (73100)
Département : Savoie
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire

L'histoire

Raymond Pegaz, facteur du village Montcel (Savoie), exploitait une ferme où il habitait avec sa femme Amélie, sa sœur Renée, 12 ans, et sa mère Marie-Thérèse Cochet. En 1941, ils recueillirent Maurice Winnykamen, un enfant juif de 8 ans, qu’ils gardèrent jusqu’à la Libération. Ses parents, réfugiés en Savoie, leur avaient confié leur garçon avant de rejoindre les rangs de la Résistance. Maurice fut présenté aux villageois comme un petit neveu de la ville, envoyé en Savoie pour des raisons alimentaires et de santé. Grâce aux Pegaz, il put vivre une enfance heureuse de petit savoyard « normal », allant à l’école, participant aux travaux de la ferme et partageant les jeux des enfants de son âge. Les Pegaz non seulement lui sauvèrent la vie mais aussi respectèrent sa judéité, trompant la vigilance du curé qui harcelait l’enfant pour qu’il avoue être juif. Maurice était considéré comme un membre de la famille et appelait Raymond « papa », Amélie « maman », Marie-Thérèse « mémé » et Renée « sa grande sœur ». Malgré son jeune âge, elle sut garder le secret et n’en a rien révélé. Maurice a longtemps voulu faire honorer la famille du titre de Juste mais Amélie refusait la démarche prétextant « qu’ils n’avaient pas fait ça pour être récompensés ». Seule la résurgence de mouvements néofascistes réussit à lui faire changer d’avis. A la Libération, Maurice repartit avec ses parents mais les deux familles gardèrent des relations plus qu’amicales, celles de parents proches.

Le 18 juin 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Raymond, Amélie et Renée Pegaz ainsi qu’à Marie-Thérèse Cochet le titre de Juste des Nations.

Maurice Winnykamen l’enfant caché

Articles annexes




Mis à jour il y a 7 mois.