Dossier n°948

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Les Justes

Année de nomination : 1975
Lucien Pradelle
Année de nomination : 1975
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Paris (75000)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Lucien Pradelle vivait à Paris avec sa femme, qui était juive. Un jour, au cours de l’été 1943, on frappa avec insistance à sa porte. Il ouvrit et vit deux femmes terrorisées qu’il ne connaissait pas. C’était Deborah Lefkovitz et sa mère, deux réfugiées juives originaires d’Allemagne, qui avaient quitté leur domicile parisien après avoir été averties d’une rafle imminente. Elles avaient longtemps erré dans les rues de la ville, puis Deborah s’était soudain rappelée que sa meilleure amie lui avait parlé des Pradelle, des relations de ses parents, et lui avait donné leur adresse. Devant leur détresse Lucien Pradelle, qui avait compris qu’elles cherchaient asile, les fit entrer dans son appartement, où se cachaient déjà deux autres Juifs, des parents de sa femme. Les Lefkowitz y demeurèrent pendant plusieurs mois. Finalement Deborah se procura de faux papiers d’identité pour elle et pour sa mère et trouva un emploi dans une garderie. Elle réussit à placer Mme Lefkovitz chez des paysans qui acceptèrent de la loger moyennant finances. Lucien Pradelle garda le contact avec les deux femmes, allant jusqu’à acheter des cartes d’alimentation pour Mme Lefkovitz. Lorsqu’il n’y parvenait pas, il partageait le peu qu’il avait avec les deux femmes, dont il se sentait responsable. Ainsi, quand Deborah dut être hospitalisée pour une grave infection de l’oeil, Lucien se rendit lui-même à sa cachette, la conduisit à l’hôpital et après avoir arrangé son hospitalisation en couvrit les frais. Lucien Pradelle resta longtemps en relations avec les deux femmes, même après leur départ en Israël. Il y effectua plusieurs visites, se rendant chaque fois dans le moshav où s’étaient installées Deborah et sa mère. Il tint à y planter un arbre à chaque séjour.

Le 15 juillet 1975, Yad Vashem a décerné à Lucien Pradelle le titre de Juste parmi les Nations.

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