Dossier n°9520 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Simone Siboni Filhol

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 01/01/1914
Date de décés : 06/12/2014
Profession : secrétaire de direction à l’hôpital

Localisation Ville : Auch (32810)
Département : Gers
Région : Occitanie

L'histoire

Simone Filhol, épouse Siboni, 27 ans en 1941, était la secrétaire du directeur de l’hôpital d’Auch (Gers). En novembre 1941, une employée du consulat hollandais vint lui demander de signer une feuille d’hospitalisation pour un ressortissant hollandais, originaire d’Allemagne. Le bénéficiaire, Ernest Lapp, 28 ans, était Juif. Faite en l’absence de son chef, cette signature permit sa libération de l’internement au camp de Gurs, sous prétexte de maladie et le sauva de la déportation. Ensuite elle lui trouva une location en ville. Après l’occupation allemande de la zone sud en novembre 1942, elle le fit hospitaliser une seconde fois pour lui éviter une nouvelle arrestation et lui procura des faux papiers à l’aide d’une amie, employée de mairie. Ernest qui voulait absolument passer en Suisse l’envoya à plusieurs reprises en mission pour préparer son passage clandestin. Elle fit le voyage en train jusqu’à Lyon pour rencontrer le pasteur Roland de Pury* et ensuite accompagna Ernest jusqu’à Annemasse pour prendre contact avec le pasteur Chapsal*. Deux jours plus tard, deux jeunes éclaireurs unionistes en uniforme lui firent franchir la frontière. Elle entreprit ces voyages pendant ses jours de congé et Lapp couvrit ses dépenses. Ces contacts lui permirent de faire passer plus tard en Suisse d’autres Juifs pourchassés. Membre d’une filière de passage clandestin en Espagne, elle rendit des services semblables à des officiers, des réfractaires et des parachutistes recherchés. En fin d’année 1943, la police fit une descente dans son appartement durant l’une de ses abscences. Averti, le pasteur Failletaz d’Auch vint l’attendre à la gare pour la prévenir. Elle fit demi-tour et monta dans le premier train pour Paris où elle continua ses activités professionnelles dans le cadre de la Croix-Rouge ainsi que ses actions clandestines. Ernest Lapp a gardé des liens durables avec Simone et n’oublie pas qu’elle lui a sauvé la vie à trois reprises.

Le 30 octobre 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Simone Siboni le titre de Juste parmi les Nations.

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