Dossier n°9525 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2001

Denise Coury Quichon

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 28/08/1913
Date de décés : 07/01/1963
Profession : Cultivatrice

Emile Coury

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 29/07/1907
Date de décés : 13/12/1980
Profession : Cultivateur

Localisation Ville : Quinssaines (3380)
DĂ©partement : Allier
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Denise et Emile Coury exploitaient une ferme au lieu-dit «Chaudrier» à Quinssaines, près de Montluçon (Allier). De moyens très modestes, ils ont dit oui lorsqu’on leur a démandé d’héberger Lucienne Jabubowicz, une fillette juive de 13 ans. Le père de la famille Jabubowicz et ses deux enfants, Lucienne et Avraham, étaient restés à Paris au domicile familial jusqu’en juillet 1943, alors que la mère avait été arrêtée et déportée quelques mois auparavant, en février. Une cousine de leur famille qui vivait à Montluçon et avait l’habitude de se ravitailler à la ferme des Coury, en vint à discuter avec eux des circonstances tragiques qui frappaient les Juifs de Paris. Quand elle leur demanda s’ils seraient prêts à héberger Lucienne, ils acceptèrent sans poser de questions. Il fallait sauver une enfant persécutée du nazisme et c’est ce qui importait. Une voisine de la cousine de Montluçon prit le risque de se rendre à Paris pour chercher Lucienne et lui faire passer la ligne de démarcation, à Vierzon. Emile et Denise Coury avaient eux-mêmes trois jeunes enfants mais Lucienne fut acceptée sans faire de différence entre eux. Elle se souvient de leur sens moral très élevé. Elle fit partie de la famille de juillet 1943 à février 1945, date à laquelle elle revint à Paris. Avraham, son frère, aussi caché dans les environs, put lui rendre visite en plusieurs occasions et a témoigné du dévouement de la famille Coury qui a permis la survie de Lucienne.        

Le 30 octobre 2001, Yad Vashem a décerné à Denise et Emile Coury le titre de Juste des Nations.

Le témoignage

En juillet 43, M. Jakubowicz et ses deux enfants, Lucienne et Abraham, habitent toujours leur appartement parisien du 5ème arrondissement à PARIS. Madame Jakubowicz avait, elle, été arrêtée 5 mois auparavant. La situation devenait de plus en plus dangereuse.

C’est alors qu’une cousine de la famille, qui rĂ©side Ă  Montluçon, rencontre Emile et Denise COURY. Ces cultivateurs possèdent une ferme Ă  quelques kilomètres de sa maison et vendent leur production Ă  des prix plus que raisonnables en ces temps de marchĂ© noir et de spĂ©culation. Devant leur ingĂ©nuitĂ©, la cousine des Jakubowicz s’ouvre Ă  eux et leur relate la situation dramatique dans laquelle se trouvent les Juifs et notamment des membres de sa famille restĂ©s Ă  Paris. Le couple n’hĂ©site pas un seul instant et propose d’accueillir chez eux la jeune Lucienne âgĂ©e de 14 ans.

Une voisine des Coury vient la chercher Ă  Paris et lui fait faire le voyage en train jusqu’Ă  la ferme, de l’autre cĂ´tĂ© de la ligne de dĂ©marcation. LĂ , elle trouve une vĂ©ritable famille d’accueil, dont elle devient le quatrième enfant. Les Coury la traite comme un membre Ă  part entière de leur famille. En plus d’une nourriture plus abondante qu’Ă  la ville, elle reçoit affection et rĂ©confort.

C’est ainsi que Lucienne Jakubowicz est restĂ©e chez les Coury de juillet 43 Ă  fĂ©vrier 45. 

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