Dossier n°9588 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Geneviève Blanchot

Année de nomination : 2001
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Gardienne d’immeuble

Edouard Bondoux

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 27/05/1872
Date de décès : 22/11/1952
Profession : fermier à la retraite

Francine Bondoux Lemoine

Année de nomination : 2001
Date de naissance : 02/02/1879
Date de décès : 10/09/1950
Profession : fermière à la retraite
    Localisation Ville : Glux-en-Glenne (58370)
    Département : Nièvre
    Région : Bourgogne-Franche-Comté

    Personnes sauvées

    Cérémonies

      Date de Cérémonie de reconnaissance: 26 Septembre 2002

      L'histoire

      Félix Bondoux

      Félix Bondoux

      Geniève Blanchot

      Geniève Blanchot

      Jacques Czarnobroda, juif étranger vit à Neuilly-sur-Seine pendant la guerre. Il reçoit une convocation qu’il l’invite à se rendre au commissariat pour vérification d’identité. Il est arrêté, amené à la gare d’Austerlitz avec 500 autres personnes. Là il y avait deux trains, l’un en partance pour Pithiviers et l’autre pour Beaune-la-Rolande.  Lui est transféré au camp de Beaune-La-Rolande. Il y reste plus de deux mois. Hospitalisé par suite de blessures infligées par un garde, il réussit à s’enfuir et à rejoindre sa famille à Neuilly. Par une camarade de collège de sa sœur Madeleine dont la mère est gardienne d’immeuble à Neuilly, il fait la connaissance de Geneviève Blanchot qui accepte de le cacher malgré les risques encourus. Il va rester pendant trois semaines, caché dans une petite chambre aux volets fermés à quelques mètres de sa loge. Inquiète par les réflexions de certains locataires elle décide en septembre 1941, d’amener Jacques chez ses parents, Francine et Edouard Bondoux, âgés de plus de 70 ans, qui vivent de leur ferme « le Pré du Massé », au village de Glux-en-Glenne. Les Bondoux considère Jacques comme un membre de la famille, ils le soignent car il était arrivé très affaibli. Le Maire du village, cousin de la famille lui fournit une vraie fausse carte d’identité. Il va y vivre pendant quatre mois. Le père et le frère de Jacques réussirent à passer la ligne de démarcation et arrivent à Bergerac. Malgré les supplications de Edouard Bondoux, Jacques décide de les rejoindre. Edouard lui donne alors un vélo pour rejoindre la gare. Il franchit clandestinement la ligne de démarcation et s’installe à Bergerac où il travaille chez un patron résistant, jusqu’à la Libération.     Après-guerre, Jacques est retourné à Paris, s’est marié en 1946 et a gardé le contact avec ses sauveurs.

      Le 20 décembre 2001, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Francine et Edouard Félix Bondoux et leur fille Geneviève Blanchot le titre de Juste parmi les Nations.

      Édouard Félix et Francine Bondoux (au centre), fin des années 1930

      Édouard Félix et Francine Bondoux (au centre), fin des années 1930

      Le témoignage

      En mai 41,à la suite d’une convocation du commissaire de police de Neuilly, M. Jacques Czarnobroda s’est rendu avec son frère pour une vérification d’identité et aussitôt on l’a amené avec d’autres personnes à la gare d’Austerlitz, direction Beaune la Rolande, où il est resté environ 2 mois et demi.

      Après une altercation avec un gendarme du camp et une entorse de la cheville, il est transféré à l’hôpital et y reste deux semaines.

      Au moment de partir, j’ai demandé à un gendarme si je pouvais aller boire un café avant de repartir au camp il a accepté et j’ai pu donc m’évader.

      Arrivé à Paris, un camarade de collège de ma soeur a demandé à sa mère Madame Blanchot de me cacher et je suis donc resté dans une chambre noire pendant 3 semaines, de peur des dénonciations, puis, Madame Blanchot m’a amené chez ses parents à la campagne à Glux en Glenne dans le Morvan. J’y suis resté du 3 septembre 1941 au 28 décembre 1941.

      J’en suis parti avec une fausse carte d’identité, j’avais rendez-vous avec un passeur pour franchir la ligne de démarcation, mais ce Monsieur, Monsieur Trèfle n’est jamais venu, il avait été arrêté et déporté. J’ai pu grâce à l’aide d’une autre personne trouver quelqu’un pour me faire passer la ligne de démarcation et j’ai pu rejoindre mon frère à Montmorrillon (Vienne).

      Je travaillais à Bergerac et mon patron qui appartenait à la résistance m’a fait entrer dans son groupe et quand Bergerac a été libéré vers août 44, je faisais encore partie de l’armée et j’ai été réformé en novembre 44.

      Je suis donc rentré à Paris et depuis j’ai toujours de bonnes relations avec la famille qui m’a sauvé.

      Documents annexes

      Articles de presse du 22/04/2004Articles de presse du 22/04/2004



      Mis à jour il y a 11 mois.