Dossier n°9640

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Les Justes

Année de nomination : 2002
Germaine Trépardoux Laporte
Année de nomination : 2002
Date de naissance : 20/06/1905
Date de décés : 08/08/2003
Profession : agricultrice

Localisation Ville : Evaux-les-Bains (23110)
Département : Creuse
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Cérémonies

Date de Cérémonie de reconnaissance: 22 Juin 2004

L'histoire

Germaine Trepardoux était agricultrice au lieu-dit «Chaumazelle» à 5 km d’Evaux-les-Bains (Creuse). Quand la guerre éclata, son mari Raymond fut fait prisonnier de guerre et resta captif en Allemagne jusqu’à son évasion en 1943. Elle se retrouva seule à gérer la ferme aidée de sa fille unique de 11 ans. En 1942, face à l’aggravation des lois anti-juives, la famille Kahn, Juifs originaires de Strasbourg, décida de se disperser et s’adressa à Germaine pour qu’elle recueille le plus jeune de leurs trois fils Gilbert, 5 ans. Elle accepta. Avec la débâcle, les Kahn s’étaient repliés à Vichy où ils avaient une propriété. Mais ils furent rapidement expulsés de la ville sur ordre des autorités. Ils cherchèrent refuge dans les environs et s’installèrent à Evaux. De là, ils firent connaissance de Germaine en allant se ravitailler à sa ferme. Quand Germaine prit la charge de garder Gilbert, elle embaucha aussitôt son père comme jardinier, alors que ses deux grands frères avaient été envoyés dans une institution chrétienne à Giat (Puy-de-Dôme). Sa mère et sa famille proche résidaient à Evaux où Germaine les ravitaillait chaque semaine. Après son évasion, Raymond Trepardoux retourna au domicile familial où il fut muni de faux papiers et resta caché en clandestin sous une fausse identité, étant activement recherché par les Français autant que les Allemands. Germaine continua pourtant à assurer la garde du petit Gilbert. Elle le cachait avec son mari dans la grande cheminée de la maison quand un ami sûr en liaison avec la gendarmerie les avertissait d’un danger imminent. Germaine avait aussi construit une cache dans la maison des Kahn, à Evaux. Mais lorsque la milice vint perquisitionner chez eux, ils prirent la fuite pour se réfugier chez elle. Non seulement sauva-t’elle la vie du petit Gilbert mais elle fut la cheville ouvrière du sauvetage de toute la famille Kahn par «strict respect de la vie et des valeurs humaines».           

Le 24 février 2002, Yad Vashem a décerné à Germaine Trepardoux le titre de Juste des Nations.

 

Germaine lors de la remise de la médaille avec la personne sauvée

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