Les Justes
Odette (Larrieu) Pilpoul
Année de nomination : 2002Date de naissance : 11/03/1906
Date de décès : 10/02/2004
Profession : Chef de bureau à la Préfecture de la Seine
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Lieu porteur de mémoire
L'histoire
Sam et Estherina Garasso, de nationalité grecque, émigrent en France dans les années 1920. Leurs deux filles, Aïda et Laurette, font leurs études au lycée Victor-Duruy, dans le VIIe arrondissement de Paris. Elles y font la connaissance d’une camarade de classe, Odette Larrieu, avec laquelle elles restent en contact après le lycée. Laurette épouse Georges Arditi en 1932 et acquiert ainsi la nationalité française. En 1939, lorsque la guerre éclate, Georges Arditi est mobilisé. Il est fait prisonnier en juin 1940. Laurette s’installe alors avec ses parents et son fils Claude, né en février 1940, au 6, rue Champfleury, dans le VIIe arrondissement de Paris. Ils vivent à quelques pas de leur amie Odette Larrieu, qui a épousé Jacques Pilpoul, un Juif né en 1906 à Rishon-le-Zion. Le couple réside au 30, avenue Charles-Floquet.
En mai 1941, Odette Pilpoul prend ses fonctions de secrétaire générale adjointe de la mairie du IIIe arrondissement de Paris. Elle perçoit cette nomination comme une occasion, d’une part, de venir en aide aux victimes de la répression nazie et, d’autre part, de faire obstacle, de l’intérieur, à l’action administrative mise au service de l’occupant.
Grâce à ses fonctions, elle fournit de faux papiers, des cartes d’alimentation et de textile, des récépissés de recensement ainsi que des cartes de travail à des centaines de personnes menacées : militaires évadés, réfractaires alsaciens et lorrains, aviateurs alliés, résistants en fuite et Juifs persécutés. L’obtention clandestine de ces documents administratifs permet notamment à de nombreux Juifs d’échapper aux contrôles et de continuer à vivre à Paris.
Odette Pilpoul contribue également à sauver un grand nombre d’enfants juifs en établissant de faux bulletins de naissance, de fausses pièces d’identité et de fausses cartes d’alimentation. Parallèlement, elle s’emploie systématiquement à saboter les mesures administratives susceptibles de servir les intérêts des forces d’occupation. Elle perturbe notamment la politique de récupération des métaux non ferreux et désorganise les opérations de recensement des jeunes soumis au Service du travail obligatoire (STO), ainsi que celles concernant les jeunes adultes.
Lors des grandes rafles de juillet 1942 visant notamment les Juifs étrangers vivant en France, Odette Pilpoul cache Sam et Estherina Garasso à son domicile pendant de longs mois.
Dénoncée par un officier des gardiens de la paix du IIIe arrondissement, elle fait l’objet d’une perquisition au cours de laquelle des inspecteurs de police découvrent les personnes cachées à son domicile. Néanmoins, les policiers acceptent de négocier, à la condition de pouvoir, le cas échéant, citer Odette comme témoin à décharge. Ils le feront effectivement lors de leur procès après la Libération.
Au-delà de l’aide apportée à la famille Garasso, Odette Pilpoul intervient pour sauver de nombreux Juifs de la déportation. Elle les avertit de l’imminence des rafles, leur trouve des cachettes, leur procure de faux papiers et des titres d’alimentation et intervient également pour obtenir la libération de certaines veuves de guerre arrêtées.
Cette action de sauvetage s’inscrit dans un engagement plus large au sein de plusieurs réseaux de Résistance. Odette Pilpoul participe au sabotage des instructions administratives, au renseignement et à l’aide apportée à toutes les personnes exclues ou persécutées par le régime.
Le 3 mars 1944, Odette Pilpoul, engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre l’occupant, est arrêtée pour faits de résistance. Son engagement est guidé par un profond patriotisme, par son refus du racisme et par sa volonté de venir en aide aux personnes persécutées. Elle est déportée à Ravensbrück, puis à Buchenwald. Revenue de déportation, elle voit son engagement et ses actions de Résistance reconnus par l’attribution de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille de la Résistance.
Le 6 mai 2002, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Odette Pilpoul, le titre de Juste parmi les Nations.
Documents annexes
| Invitation cérémonie Pilpoul |


