Dossier n°9731 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Clémence Doly Ginisty

Année de nomination : 2003
Date de naissance : 09/10/1893
Date de décés : 19/10/1961
Profession : Cafetière

Localisation Ville : Courbevoie (92400)
Département : Hauts-de-Seine
Région : Ile-de-France

L'histoire

Clémence Doly

Clémence Doly et son mari Hippolyte tenaient un commerce de vins, bois et charbon ainsi qu’un café à Courbevoie (Hauts de Seine). Ils avaient deux enfants, Germaine, 23 ans, et Pierre, 21 ans. En 1936, les Parker, Juifs roumains, ouvrirent un magasin de confection en face de leur café. Les deux familles se lièrent d’amitié. En 1940, au moment de l’exode, Clémence envoya les Parker se réfugier chez sa famille à Laguiole (Aveyron) et les aida à y trouver un logement. Ils rentrèrent ensuite à Paris où les Doly les aidèrent à surmonter les discriminations contre les Juifs. Les Parker avaient quatre enfants : Maurice réfugié en zone sud et Lisa, 20 ans, Jacques, 9 ans, et Michel, 5 ans, qui résidaient à Courbevoie. En 1941, Clémence accompagna en train les deux garçonnets chez sa famille dans l’Aveyron pour les mettre à l’abri. Elle les fit passer pour ses propres enfants au contrôle d’identité de la ligne de démarcation. En mars 1943, Pierre, son fils, fut envoyé en Allemagne pour le STO alors qu’en avril 1943, la famille Parker s’agrandit de deux frères jumeaux, Max et Bernard. En octobre de la même année, la police se présenta à leur domicile et arrêta la mère avec ses deux bébés, pour les internér à l’hôpital Rothchild en instance de déportation. Le père étant absent, les policiers vinrent le rechercher au café des Doly. Hippolyte sut éluder leurs questions insistantes. Le lendemain, Clémence monta à l’appartement des Parker mis sous scellés et récupéra des biens ainsi que des tissus et vêtements du magasin qu’elle leur restitua à la Libération. Ensuite, elle organisa l’évasion de Mme Parker et des bébés de l’hôpital Rothchild, avec la complicité d’un agent de police de ses connaissances et des faux papiers. Ils quittèrent Paris pour se réfugier à la campagne et y survécurent jusqu’à la Libération, sauvés grâce à l’obstination intrépide de Clémence Doly.

Le 2 janvier 2003, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah,  a décerné à Clémence Doly le titre de Juste parmi les Nations.

Documents annexes

Article de presse - Bulletin d'information aveyronnais du 25/06/2004 Article de presse – Bulletin d’information aveyronnais du 25/06/2004
Article de presse - Centre Presse du 23/06/2004 Article de presse – Centre Presse du 23/06/2004
Article de presse - Midi-Libre du 20/06/2004 Article de presse – Midi-Libre du 20/06/2004

 




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