Dossier n°9791 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2002

Lucienne Defaisse

Année de nomination : 2002
Date de naissance : 14/05/1898
Date de décès : 06/11/1973
Profession : Hôtelière

Germaine Retrut

Année de nomination : 2002
Date de naissance : 14/03/1904
Date de décès : 09/12/2000
Profession : Hôtelière

    Localisation Ville : Clermont-Ferrand (63000)
    Département : Puy-de-Dôme
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Germaine Retrut
     

    Lucienne DEFAISSE
    Germaine Retrut était propriétaire de l’Hôtel de la Poste à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et y exploitait aussi un restaurant. Elle avait un fils unique de l’âge du STO. Lucienne Defaisse, célibataire de 45 ans, dirigeait l’hôtel. Avant-guerre, les deux femmes avaient connu Flora Izäaks dite Floret, artiste chorégraphe, cliente de l’hôtel lorsqu’elle était engagée par le théâtre municipal. Juive d’origine hollandaise, Flora se réfugia à Clermond-Ferrand avec sa fille Alice, en 1939. La mère put reprendre pour un temps ses activités professionnelles et elles survécurent aux rafles jusqu’en 1943. Le 26 juin 1943, suite à l’assassinat de deux policiers allemands par la Résistance, les autorités allemandes procédèrent à une rafle qui fit 38 victimes parmi les Juifs de la ville. Flora était l’une d’elles. Elle fut déportée et mise à mort dans l’Est. Les policiers qui s’étaient présentés au petit matin à leur domicile familial avaient embarqué la mère, laissant Alice alors âgée de 16 ans livrée à elle-même. Elle frappa de porte en porte pour trouver du secours, mais refoulée, elle retourna à l’appartement, exposée au danger d’une récidive policière qui eut lieu après son départ. Ce fut Lucienne Defaisse, mise au courant du drame, qui vint la chercher et la ramena à l’hôtel avec l’accord de Germaine. Elles la munirent de faux papiers et l’employèrent comme membre du personnel de l’hôtel et du restaurant, logée et nourrie par ses deux bienfaitrices jusqu’en 1945. Quand des rumeurs de rafles circulaient, elles cachaient Alice au grenier jusqu’à la dissipation du danger. Comme l’hôtel accueillait un grand nombre d’inconnus, la jeune fille put se fondre dans la masse des clients sans éveiller les soupçons. Expliquant les raisons pour laquelle sa mère avait pris tant de risques pour sauver une Juive en danger, le fils de Germaine dit : « l’amour des enfants et sa foi catholique ».     

    Le 1er août 2002, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Germaine Retrut et Lucienne Defaisse le titre de Juste des Nations.

     

    Le témoignage

    En 1939, Alice YZAAKS et sa mère quittent Paris pour se réfugier à Clermont-Ferrand, ville que Madame Yzaaks connaissait pour y avoir travaillé en tant qu’artiste. En juin 1943, deux policiers allemands sont abattus, en représailles, le 26 juin au matin, 38 juifs sont arrêtés, dont la mère d’Alice, puis envoyés à Drancy et à Auschwitz . Alice est présente et veut suivre sa mère. Les policiers refusent, mais elle apprendra qu’ils sont revenus 48 heures plus tard. Entre-temps, Alice, 16 ans, erre dans la ville, sous les bombardements avec son petit chien sans trouver d’aide auprès de ses voisins, ni auprès du Président de la Croix -Rouge Française.En désespoir de cause, elle retourne chez elle, où madame Lucienne DEFAISSE, une connaissance de sa mère , vient à son secours. Elle la prend sous sa protection et l’emmène chez madame Germaine RETRUT qui exploite un hôtel. Là, elle est accueillie, on lui procure des faux papiers, elle est cachée lors des descentes de police ou de la Gestapo à la recherche de résistants.

    De juin 1943 au 13 juillet 1945, elle est hébergée, nourrie gratuitement et entourée d’affection. Rien n’obligeait ni Madame Defaisse, ni Madame Retrut à prendre de tels risques, elles l’ont fait par générosité et par simple humanité.

    C’est Madame Michèle Charny, petite nièce de madame Defaisse qui recevra la médaille des Justes en hommage à sa tante. Monsieur Terneyre recevra la médaille des Justes en mémoire de sa mère, Madame Retrut .

     

     

    Documents annexes

    Article de presse - Le Journal du Dimanche du 24/10/2004Article de presse – Le Journal du Dimanche du 24/10/2004
    30 novembre 2014 09:50:27
    Invitation cérémonie Retrut - DefaisseInvitation cérémonie Retrut – Defaisse
    30 novembre 2014 09:49:32

    Articles annexes

    Aucun autre article