Dossier n°9923 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marthe Barnet Cambou

Année de nomination : 2003
Date de naissance : 19/11/1919
Date de décés : 21/11/2018
Profession : Professeur de français

Localisation Ville : Murat (15300)
Département : Cantal
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire


Marthe Cambou, épouse Barnet, était une jeune professeur de français au collège/internat de Murat (Cantal). Elle logeait dans le pensionnat. Marthe travailla en étroite collaboration avec Marie Sagnier*, directrice de l’établissement pour filles, et Alice Ferrières*, professeur de mathématiques. Alice, résistante de la première heure elle aussi, Marie et Marthe accueillirent au collège, dès l’année 1943, des jeunes filles d’origine juive envoyées par la branche clandestine des Eclaireurs Israélites de France. L’une de leurs convoyeuses, Franceline Bloch, participa activement à ces opérations de sauvetage. Des garçons, convoyés par Raymond Winter et Marcel Gradwohl qui payèrent leur engagement de leurs vies, bénéficièrent aussi de leur protection et furent cachés par elles, munis de faux papiers, chez des familles d’accueil, des fermiers ou dans d’autres institutions aux alentours de Murat. Le père de Marthe était directeur du cours complémentaire pour garçons à Aurillac et accepta sur sa demande d’inscrire Pierre Schwab, un jeune juif de 11 ans, dans son établissement. Marthe se chargea de garder un contact permanent avec les enfants cachés, de les visiter pendant ses jours de congés, n’hésitant pas à faire de longs trajets afin de les réconforter. Elle prodigua son affection à plus d’une dizaine de protégées qui se souviennent de ses promenades, de ses goûters agrémentés de gâteries et des anniversaires avec cadeaux qu’elle n’oubliait jamais. Durant les dûrs combats de la Libération qui se déroulèrent dans la ville, elle cacha dans la cheminée de sa chambre le journal de bord d’Alice Ferrières ainsi que de nombreux documents, ce qui lui causa une grande frayeur car les Allemands avaient investi le bâtiment où elle logeait et avaient posté un soldat armé à chaque étage. Six de ses anciens protégés ont témoigné de son action et de la grande reconnaissance qu’ils lui vouèrent.

Le 3 février 2003, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Marthe Barnet-Cambou le titre de Juste parmi les Nations.

Le témoignage

Dès la parution du statut contre les Juifs, Mme Cambou-Barnet, alors âgée de 21 ans, jeune professeur de français au lycée de Murat en 1941, décide avec quelques unes de ses collègues de prendre contact avec les rabbins de Nîmes, Montpellier, Clermont-Ferrand et d’autres organisations, les A.I., afin de se mettre à leur disposition pour accueillir les familles juives.
Avec Alice Ferrières, sa collègue et Mme Sagnien, directrice du lycée, elle s’engage à sauver, héberger des enfants ou des familles en danger, de leur trouver des sites d’hébergement dans les fermes aux alentours et de leur faire attribuer des noms d’emprunt.
Elle se charge ensuite de garder un contact permanent avec les enfants, de les visiter pendant ses jours de congés, n’hésitant pas au péril de sa vie à faire de longs trajets afin de leur apporter, avec générosité, réconfort et douceurs, répondant à leur angoisse par des paroles d’espoir.

Marthe au lieu de mémoire dans le cantal où 24 stèles de 24 otages fusillées parmi eux 3 israélites qui venaient visiter des enfants juifs cachés à Murat

Documents annexes

Article de presse - Saint Flour du 29/12/1998 Article de presse – Saint Flour du 29/12/1998
Article de presse - La Montagne du 16/06/2006 Article de presse – La Montagne du 16/06/2006
Article de presse - La Montagne du 01/10/2006 Article de presse – La Montagne du 01/10/2006
Invitation cérémonie Médaille des Justes Invitation cérémonie Médaille des Justes

Les médias externes :







Mis à jour il y a 3 mois.