Suzanne Marsollier résidait à Mazangé (Loir-et-Cher). Son mari, vétérinaire, était prisonnier de guerre en Allemagne et ne fut libéré qu’à la fin des hostilités. Ses deux fils Gérard et Michel étudiaient en internat au collège de Saint-Calais. En 1942, elle recueillit Danielle Susser, 4 ans, une petite parisienne d’origine juive, et l’hébergea jusqu’à la Libération. La fillette séjourna à Mazangé dès le début de l’année 1942. Une voisine d’immeuble, Mme Métral, avait emmené la fillette avec elle à Mazangé pour soulager sa mère car M. Susser était aussi prisonnier de guerre en Allemagne. Malade, il fut rapatrié par un convoi sanitaire et soigné à l’hôpital de Créteil. Une fois guéri et portant encore son uniforme, il prit le train pour Mazangé et expliqua à Mme Métral que Danielle ne devait absolument pas rentrer à Paris, les Juifs y étant très menacés. Ensemble, ils allèrent trouver Suzanne et lui exposèrent clairement la situation: les Susser étant Juifs polonais, Danielle, comme tous les enfants juifs, était en danger. Suzanne accepta immédiatement tout en refusant la pension proposée par son père. « Maman Suzanne » l’éleva comme si elle était sa fille, et Danielle fut pour Michel « la petite sœur qu’il avait toujours rêvé d’avoir ». Scolarisée, elle apprit à lire et écrire dans la classe unique de Mme Barbier. Eliane, la fille des fermiers d’en face, l’emmenait à la messe pour qu’elle ne « détonne » pas, parce que Suzanne, elle, n’y allait pas. De par sa qualité de vétérinaire, son mari avait entretenu de bonnes relations avec les fermiers voisins qui l’aidaient à se ravitailler. Il fut convenu qu’en cas de danger, Danielle devait s’enfuir dans les champs en passant par l’arrière-jardin de leur voisine. Plus tard, Suzanne fit recueillir par sa mère, Mme Gaudrau, et sa sœur Jacqueline, le cousin de Danielle. Ensemble, ils formaient une grande famille. Suzanne a sauvé, de fait, la vie de deux enfants juifs. 

Le 2 juin 2005, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Suzanne Marsollier le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Josué Susser et son épouse Clara (née Storch) vivent à Paris. En 1939, Josué et son frère s’engagent dans l’armée française. Josué est fait prisonnier. Il est rapatrié sanitaire en 1942. Josué et Clara décident alors de confier leur fille unique, Danielle à Suzanne Marsollier, à Mazangé, dans le Loir et Cher. Mme Marsollier, que Danielle appelle « Maman Suzanne », accueille la petite Danielle, qu’elle considère comme sa fille, à côté de ses deux garçons Gérard et Michel. Suzanne est seule, son mari Raymond est prisonnier de guerre en Allemagne. Danielle va à l’école, elle apprend à lire et à écrire. Il a été convenu avec les voisins de faire passer la petite Danielle de jardin en jardin, au cas où les Allemands viendraient la chercher Ainsi protégée, Danielle restera à Mazangé jusqu’à la Libération. Elle retourne à Paris, où elle retrouve ses parents, miraculeusement épargnés.

Suzanne MARSOLIER

Documents annexes

Hommage de l'enfant cachéeHommage de l'enfant cachée
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Article de presse - Flash Info Magazine 10/2006 N°18Article de presse – Flash Info Magazine 10/2006 N°18
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