François Hollande : "L’honneur de la France était en cause, les familles des Justes l’ont sauvé"

Du 27/06/2019

 

François Hollande est attendu à Montségur-sur-Lauzon ce 27 juin. Photo Le DL / Angélique SUREL

 

 

La médaille de Justes parmi les nations sera remise à titre posthume ce matin à Amédée Tena et son épouse Renée qui ont recueilli la jeune Anna Hilsberg pendant la Seconde Guerre mondiale. François Hollande assistera à cette cérémonie dans ce village du Sud-Drôme. Entretien.

Pourquoi avoir accepté d’assister à cette cérémonie ?

« Parce que j’y suis très sensible. J’avais fait un déplacement comme chef de l’État en Israël, je sais combien les familles dont l’un des membres a été sauvé sont attachées à cette reconnaissance et à ces cérémonies de remise de médaille des Justes parmi les nations à des personnes qui ont accueilli et protégé des juifs pendant la guerre ».

Ces médailles sont remises 75 ans après les faits, cela peut paraître long…

« Ce sont des procédures assez longues, il faut disposer des témoignages. En l’occurrence, la famille de M. et Mme Tena qui ont recueilli Anna Hilsberg sera représentée par leur petite-nièce, et c’est la petite-fille d’Anna Hilsberg qui la représentera. C’est bien que, longtemps après, on puisse continuer à saluer des actes d’héroïsme au service des autres. L’honneur de la France était en cause, ces familles l’ont sauvé »

Il y a un mois, le Rassemblement national est arrivé en tête des élections européennes en France. Lors des commémorations du 75e anniversaire de débarquement en Normandie, le rôle de l’Europe dans le maintien de la paix a été souvent souligné. Est-ce utile ?

« Oui bien sûr, surtout quand la guerre n’est jamais loin. Regardez ce qui se passe en ce moment en Syrie, au Yémen, les menaces qui pèsent sur cette région avec les tensions entre l’Iran et les États-Unis, les événements à l’est de l’Ukraine… La paix est toujours fragile. Des massacres, il y en a eu bien après la barbarie de la Seconde Guerre mondiale, au Rwanda et plus récemment en Syrie et en Irak. Nous-mêmes en France avons eu à subir des actes terroristes de grande ampleur. J’étais président à ce moment-là. Le fait que la France ait tenu bon, qu’elle ait fait bloc, est un sujet de fierté. Si nous avons été capables de le faire, c’est aussi parce que l’Europe nous a apporté sa solidarité. »