Hommage aux deux Justes dimanche après-midi

Du 11/10/2013

 

 

 

Albert et Clémence Ducloux (deuxième et troisième en partant de la gauche) posent avec la petite Bernadette. La médaille des Justes sera remise à titre posthume à Albert et Clémence Ducloux, représentés par leur fille Bernadette, habitante de Subligny, dans le Sénonais.

Dimanche après-midi, Yaron Gamburg, porte-parole de l’ambassade d’Israël, remettra à titre posthume la médaille et le diplôme de Justes parmi les Nations à Albert et Clémence Ducloux, à Subligny (Sénonaise). Cette médaille est décernée par l’institut Yad Vashem aux personnes non juives, qui ont sauvé des juifs sous l’occupation, au péril de leur vie.

« C’est la plus haute décoration en Israël, souligne Bernadette Cinkus-Ducloux, la fille des récipiendaires aujourd’hui décédés. C’est un honneur. Pour mes parents, c’est une reconnaissance et pour moi, une fierté par rapport à ce qu’ils ont fait. J’ai tellement entendu ma mère me parler de cette histoire. »

Albert et Clémence Ducloux ont plus précisément « aidé, protégé et sauvé à leurs risques et périls Zysla Ber et ses trois filles Cécile, Micheline et Ginette de la barbarie nazie » présente l’invitation à la cérémonie. En janvier 1944, celles-ci échappent à une déportation certaine grâce à l’intervention d’Albert Ducloux, alors travailleur prisonnier sur la gare de Létanne. La mère et les trois fillettes s’enfuient dans les bois avec Albert Ducloux, puis se cachent dans le maquis, après que leur père et époux, Peretz Ber, a été arrêté.

« Une histoire d’amitié »

Les deux familles étaient voisines à Beaumont-en-Argonne, dans les Ardennes. Et amies. En particulier Bernadette, née en 1937 et Cécile, de six ans son aînée. Les deux femmes se sont retrouvées en 2006, après s’être longtemps recherchées. « On a gardé le contact depuis. On se téléphone très souvent avec Cécile », confie Bernadette Cinkus-Ducloux.

Pendant cette période, l’Institut Yad Vachem a fait une enquête. Très poussée. « Quand j’ai fait mes recherches, je ne pensais pas du tout à cette médaille. Je ne connaissais même pas son existence. Pour moi, cela s’arrêtait à une histoire d’amitié. »


Pascale De Souza