Inauguration émouvante de l’école Marie-Laurence-Quatrefage

Du 09/10/2019

 

 

 

Tous les élus, maires, député, sénateur, président et conseillers du Département, sous-préfet, avaient répondu présent à l’appel du maire Henri Regord, pour l’inauguration de l’école rénovée de Saint-Jean-du-Bruel.
La cérémonie revêtait un caractère particulier avec le dévoilement sur sa façade de la plaque à la mémoire de Marie-Laurence Quatrefage, dont l’école porte désormais le nom. La population de Saint-Jean, largement présente, ainsi que de nombreux membres de la famille de l’ancienne maire entouraient Regine Haxaire, qui a rappelé la personnalité et le rôle de sa mère dans ces années de guerre.

Veuve, mère de neuf enfants, Marie-Laurence Quatrefage a accueilli et caché Chaïm Widerspan en 1944 jusqu’à son départ pour le maquis de l’Aigoual. Simon Massbaum, délégué régional du comité Yad Vashem, a souligné le risque qu’elle avait ainsi pris. C’est grâce à une lettre de Chaïm au comité français pour Yad Vashem que lui fut décernée la médaille de Juste parmi les Nations.

Tous les discours ont mis en avant l’exemplarité de cette femme qui compta après-guerre parmi les premières femmes élues maire, lors du premier scrutin qui leur ouvrait le droit de vote. Ses profondes convictions catholiques dans ces Cévennes marquées par la Réforme lui ont certes valu quelques inimitiés, mais elle a accompli néanmoins trois mandats.

"Un Juste n’est ni saint, ni parfait ; c’est seulement un homme ou une femme qui a résisté à l’oppression, à la peur, pour sauver un juif, lui rendant sa dignité d’homme dont le privait l’idéologie nazie. Donner à une école le nom d’un Juste parmi les Nations, c’est croire en l’humanité naissante de ses enfants et confier à leurs maîtres la noble tâche de la préserver et de la renforcer", écrivait Roland Camboulives, dans Lou Païs Saint-Jeantais.

"Ce bâtiment de la grand-rue a une histoire qui résonne avec cette cérémonie", a rappelé Henri Regord. Avant de devenir l’école des filles en 1922, elle appartenait à une grande famille protestante de Nîmes : les Donnedieu de Vabres. En 1886, s’éteignait dans cette maison François Donnedieu de Vabres, dont le petit-fils, Henri Donnedieu de Vabres, fut le seul juge français au tribunal de Nuremberg. Ainsi se retrouvent, dans un même lieu, la mémoire d’un juge protestant condamnant les bourreaux nazis à Nuremberg, et celle d’une catholique cachant un juif au péril de sa vie. à travers eux, justice, courage et reconnaissance trouvent leur sens dans cette école.