Le 11 novembre de Freddy Robins

Du 14/11/2015

 

 

 

 

 

Freddy Robins, ancien enfant juif rescapé en 1940, entouré du sous-préfet Olivier Maurel et du maire Pierre-Yves Briand. © Ph. S. B.

11 novembre 2015 : la date fait officiellement écho à l'armistice du 11 novembre 1918. Mais pour Freddy Robins, elle évoque plutôt l'année 1940, période sombre de l'histoire française. En marge des commémorations officielles, l'Australien de 80 ans se devait d'être en France, « dans sa France », à Châteaubernard.

Car le 11 novembre 1940, en la chapelle de Châteaubernard, Henriette et Joseph Briand - les grands-parents de l'actuel maire Pierre-Yves Briand - ont fait baptiser Freddy. De 1939 à 1946, le couple a pris sous son aile Frédéric Rubinsztajn, petit enfant juif de 4 ans, dont le nom a été volontairement francisé en Robinstède (Il le raccourcira ensuite en Robins, ndlr). Les lois sur le statut des Juifs, tout juste édictées, faisant craindre le pire.

« Un fait de résistance »

En 2011, à la suite des démarches entrepris par Freddy Robins, Joseph et Henriette Briand - décédés respectivement en 1957 et 1946 - ont été reconnus Justes parmi les nations par la commission de l'institut Yad Vashem Jerusalem. Ce qui a donné lieu à une cérémonie commémorative à Châteaubernard, le 18 juin 2012.

Alors, mercredi, devant la stèle en hommage aux Justes, Freddy Robins est revenu sur ce 11 novembre 1940 avec beaucoup d'émotion et a honoré le « caporal poilu issu de la Première guerre mondiale, Joseph Briand » qui, avec son épouse, a passé outre les lois édictées par le Maréchal Pétain. « Une situation grotesque » à une date symbolique pour « un fait de résistance » qui s'inscrivait dans « une France qui ne s'était pas remise de ce qui lui arrivait ». « Et ceci quand j'y pense, c'est une chose inouïe sans précédent », a ajouté Freddy Robins, la voix pleine de gratitude et heureux de pouvoir célébrer ce courage.

Sandra Balian