Moissac - Le couple Ginisty entre, ce soir, au panthéon des «Justes»

Du 20/08/2014

 

 

 

 

En mai 2004 autour de la nouvelle génération de jeunes éclaireurs israélites, des anciens de la maison d'enfants de Moissac, Jean-Claude Simon se souvient de la solidarité des Moissagais durant la guerre./ Photo DDM, À Moissac, le 9 mai 2004, quai du Port sur le Tarn, Jean-Claude Simon irradie de bonheur : à soixante-six ans, le fils de Bouli et Shatta Simon, les responsables de la maison d'enfants des Éclaireurs israélites de France (EIF) qui ont sauvé de la cité uvale des centaines d'enfants juifs de la déportation, a du mal à dissimuler son émotion.

Entouré de sa famille et des survivants venus des quatre coins de la planète, «Castor» dévoile la plaque d'une nouvelle place moissagaise. Le nom de ses parents y est gravé. Sous leurs portraits, une courte épitaphe rappelle leur engagement : «Avec l'aide de la population de Moissac et en dépit du danger, ils ont pu sauver plusieurs centaines d'enfants juifs de la barbarie nazie.»

Les quatre «Justes de Moissac» comptent deux nouvelles étoiles

Ce soir esplanade des Justes, la nouvelle célébration impulsée par l'ancien cardiologue de 76 ans qui vit sur les hauteurs de Brassac, marquera une nouvelle étape dans la longue réhabilitation engagée pour la mémoire des Moissagais qui, durant le régime de Vichy et l'Occupation, ont caché et sauvé ses enfants juifs qui avaient trouvé refuge en Tarn-et-Garonne. Jusqu'ici au nombre de quatre (Manuel Darrac (le secrétaire de mairie), Henriette Ducom, Jean Gainard et Alice Pelous (la sous-secrétaire de mairie), les Moissagais fait «Justes parmi les Nations» comptent depuis, ce soir, deux nouvelles étoiles avec le couple Ernestine (née Desmazels) et Albini Ginisty. Ce modeste peintre en bâtiment moissagais et son épouse ne se poseront guère de question lorsqu'on leur proposa de prendre sous leur toit le petit Jean-Claude Simon alors tout juste âgé de six ans et sous la menace d'une rafle imminente. Ils le font passer pour l'enfant qu'ils ont adopté puisqu'ils n'ont pas d'enfant. Sous l'identité de Ginisty, Jean-Claude va ainsi en classe à l'école Chabrié. Il est choyé et mène une vie quasi normale.

«Je n'oublierai jamais que Jean et Ernestine Ginisty m'ont recueilli à l'âge de six ans et m'ont donné leur nom pour me sauver» nous témoignait dans un précédent entretien Jean-Claude Simon.

Et même s'il aura fallu attendre 70 ans pour que cette reconnaissance ait lieu en présence du président du comité français du Yad Vashem, Jean-Raphaël Hirsch, Albini et Ernestine, disparus depuis plus 25 ans, auraient très certainement été surpris de ces honneurs comme beaucoup de «Justes» qui n'ont pas eu le sentiment, à ce moment-là, de réaliser un acte exceptionnel.