Une Appaméenne Juste parmi les justes

 

 

 

 

Lors de la cérémonie à l'hôtel de ville /Photo DDM, X.O. Cérémonie très émouvante dernièrement en la mairie de Pamiers, présidée par le maire André Trigano, Israela Peri Probstein, consul d'Israël à Marseille, et le docteur Albert Seifer, délégué régional du comité français pour Yad Vashem. Une manifestation peu commune puisqu'il s'agissait d'honorer la mémoire de Conception Faya Blasquez, Appaméenne d'origine espagnole, qui durant la Seconde Guerre mondiale accueillit en mai 1943, dans l'anonymat de son modeste appartement au 27, rue de la Sous-préfecture, deux enfants juifs, Jacques et Gisèle, et leur maman, Mme Moreno, épouse Mizrahi. à ce titre, sa fille Angèle Debeaune-Faya a reçu la médaille et le diplôme de Juste, témoignage de gratitude et de reconnaissance de l'Etat d'Israël et du peuple juif.

André Trigano, non sans gravité mais avec beaucoup de pudeur, n'a pas abordé son parcours personnel et celui de sa famille durant cette période. Un maire émouvant qui sut trouver les mots justes pour rappeler le rôle de Mgr Sallèges : «Il a été d'un courage extraordinaire, au péril de sa vie. Il a pris la parole dans les moments difficiles.» Et ce dernier de s'adresser cette fois à Angèle Debeaune-Faya, fille de Conception Faya-Blasquez, dans un hommage appuyé : «Votre mère est un exemple, c'était naturel ce que votre maman a fait, elle l'a fait avec son son cœur.» De son côté, le docteur Albert Seifer, le délégué régional du comité français pour Yad Vashem, a rappelé que 3 758 Justes parmi les nations de France sont reconnus à ce jour.

Transmettre le souvenir

Désormais, le nom de Conception Faya-Blasquez est gravé sur le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem.

Sur la médaille remise à Angèle Debeaune-Faya honorant la mémoire et le grand courage de sa mère Conception, une phrase extraite du Talmud : «Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier». Le docteur Seifer a indiqué qu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, six millions de juifs de 21 pays d'Europe sous domination nazie furent exterminés. En France, 76 000 juifs, dont 11 000 enfants, furent déportés. Seuls 2 550 revinrent. Aucun enfant ne se trouvait parmi eux. Toutefois, les trois quarts des juifs, en France, ont eu la vie sauve.

«Ceux qui ont survécu le doivent souvent à des hommes et des femmes non juifs qui, n'écoutant que leur conscience, les cachèrent, les protégèrent, les sauvèrent de la mort. Célèbres ou anonymes, de tous âges et de toutes origines, de toutes appartenances religieuses et politiques et de tous milieux sociaux, ces hommes et ces femmes d'honneur avaient pour dénominateur commun le respect des valeurs morales, le rejet du fascisme et le courage d'agir malgré les risques encourus.

En leur décernant le titre de Justes parmi les nations, la plus haute distinction civile, l'Etat d'Israël leur rend hommage. Avec humilité, Angèle conclut, entourée des siens et de Maurice Moreno, l'un des deux enfants juifs protégés par sa mère : «Ma mère était courageuse, elle a fait son devoir, nous sommes là aujourd'hui pour elle et cette reconnaissance nous va droit au cœur. Je tiens à remercier Maurice Moreno d'avoir instruit le dossier qui honore aujourd'hui notre mère. Cet instant présent a valeur éducative et morale.»

Il n'y a qu'un seul Dieu !

Durant la cérémonie, le maire de Pamiers André Trigano a ouvert une parenthèse historique: «1946, l'autonomie d'Israël, la liberté, les juifs ont un pays dans lequel ils vivent. Je crois à la cohabitation intelligente entre Juifs et Palestiniens. En 1963-64 , mon père a tout fait pour le rapprochement de ces deux peuples. Au moment de la guerre des Six Jours, il a créé un village de vacances à Hyères où il a accueilli 100 enfants, 50 orphelins juifs et 50 orphelins musulmans. Il leur a dit vous êtes cousins, ne l'oubliez jamais. Il n'y a qu'un Dieu, c'est celui de la bonté et de la miséricorde.»

source: http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/20/1610510-une-appameenne-juste-parmi-les-justes.html du 20/04/2013