Les Justes parmi les Nations de Chavagnes-en-Paillers

Histoire de la famille FOGIEL, dont les enfants ont été sauvés par Madeleine Chauvet, née Piveteau (1903-2001), reconnue Juste parmi les Nations en 2001.

Madeleine Chauvet lors de la remise de sa médaille Moszko FOGIEL et son épouse Chaya, née Justman, étaient originaires de Pologne. Ils arrivent en France dans les années 1920, se marient en 1925 et ont quatre enfants. La famille habite Montreuil, Moszko travaille dans une usine de lits métalliques.

En 1939, Moszko s’engage comme volontaire dans l’armée française. Il est arrêté le 16 juillet 1942 lors de la rafle du Vel d’Hiv et déporté par le convoi n° 9 du 22 juillet.

Chaya est arrêtée avec ses enfants (David 17 ans,  Jydiel 15 ans, Bernard 6 ans et Suzanne 2 ans ½)  le 11 février 1943. Les enfants sont relâchés et pris en charge par les services sociaux de l’UGIF. Chaya est déportée à Auschwitz par le convoi n° 50 du 4 mars 1943.

Les petits sont d’abord placés chez des nourrices où ils sont maltraités. En juin 1943, ils sont amenés à Chavagnes par la convoyeuse Suzanne Mathieu et confiés, Suzanne  aux Chauvet et Bernard aux Piveteau. Quand Suzanne arrive chez les Chauvet, elle est dénutrie, infestée de gale, meurtrie par la disparition de sa mère et les mauvais traitements qu’elle a subis. Madeleine la soigne et la choie comme sa propre fille.

Restés à Paris David et Jydiel viendront se réfugier chez Madeleine Chauvet en 1944 et y resteront jusqu’en novembre. Suzanne et Bernard resteront encore deux ans  dans leurs familles.

Tous étaient considérés comme les enfants de la  famille et les liens d ‘affection ont perduré après la guerre.

 

Histoire de Cécile, Suzanne, Paulette et Odette, sauvées par Auguste (1906-1977) et Moisette RAFFIN (1906-1985), née Norgeux, reconnus "Justes parmi les Nations" le 2 décembre 1991

Auguste Raffin   Moisette Raffin Durant l’été 1942 quatre fillettes juives, Odette Melszpajz, Cécile Popowitz et ses deux cousines Suzanne et Paulette Klaper viennent de Paris se réfugier chez les Raffin.

Cécile Popowitz, 9 ans à peine, est arrêtée avec sa mère Tauba à leur domicile dans le 20e  arrondissement lors de la rafle du Vel d’Hiv. Elles réussissent à s’échapper du garage où la police a regroupé les personnes arrêtées. Tauba (33ans) confie sa fille et ses deux nièces  Paulette et Suzanne Klaper à une voisine, madame Sené, et lui demande de les emmener à Chavagnes chez Auguste et Moisette Raffin. Elles les connaissaient déjà, car en 1940-41 elles avaient  passé des vacances chez eux envoyées par l’association  "la famille du prisonnier". Leurs pères, engagés volontaires dans l’armée française étaient alors prisonniers dans un stalag en Allemagne.

A la gare d’Austerlitz Odette Melszpajz, dont la mère a aussi échappé à la rafle, les rejoint.

Les fillettes fréquentent l’école de Nazareth et Moisette Raffin leur apprend les prières catholiques et le signe de croix. Elles doivent dire qu’elles ont quitté Paris par crainte des bombardements. Protégées par le silence de l’école qui connaissait leur origine, entourées par l’affection des Raffin, elles ont pu mener "une vie normale".

Odette reste 8 mois chez les Raffin, puis retrouve sa mère réfugiée à 10 km de Chavagnes à La-Basse-Clavelière. Elles sont cachées chez les Guillemot qui sont les parents adoptifs de Moisette Raffin. Le maire de St Fulgent leur fournit de fausses cartes d’identité.

Les 4 fillettes receuillies par les époux Raffin

Histoire de David et Estera FUCHS, sauvés par Marie-Elise Roger, reconnue «  Juste parmi les Nations le 30 mars 1999

Marie-Elise Roger Marie-Elise Roger est couturière à Chavagnes. Elle vit modestement avec sa fille Bernadette, 7 ans car son mari est en captivité en Allemagne.

Protéger ces enfants était pour elle un acte naturel : "Je ne pensais même pas aux risques. C’étaient des enfants qu’il fallait accueillir, voilà tout !.... J’ai seulement accueilli un petit bonhomme qui venait de perdre ses parents en déportation, l’étoile jaune encore dans sa poche. Je l’ai aimé et je lui ai donné à manger. Si je n’avais pas fait cela, là ça n’aurait pas été normal".

Abraham et Déborah FUCHS étaient originaires de Pologne. Ils étaient forains et vivaient à Etrepagny dans l’Eure. Il avait 36 ans et elle 37 ans quand ils sont arrêtés à leur domicile en juillet 1942. Ils sont déportés à Auschwitz par les convois 13 et 14. 

Leurs deux enfants, Estera, 10 ans et David, 8 ans, passent deux mois à l’hospice du "Petit Andelys", puis sont  recueillis par une tante, Rachel, qui vit à Paris. Elle les garde  jusqu’à la fin 1943, puis les confie au foyer Lamarck de L’UGIF. Ils sont alors conduits à Chavagnes par la convoyeuse du service de placement clandestin, Suzanne Mathieu.

Estera, renommée Simone, est placée dans le bourg chez Emile et Eulalie DROUIN qui deviennent pour elle "maman Lalie et papa Emile".

David, dit Daniel est accueilli chez Marie-Elise ROGER qui va l’élever ainsi que deux autres enfants dont les pères sont prisonniers de guerre. 

"Elle m’a redonné la vie et m’a aimé comme son enfant" disait d’elle David après la guerre.

Il n’a jamais cessé de l’appeler "maman" et de la chérir jusqu’à sa mort.

David Fuchs à gauche et les enfants de Marie-Elise Roger