Raymond et Germaine Cloiseau - François et Françoise Ciron

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Invitation à la cérémonie du 13 septembre 2009 à Nolay (Arch. V. Kuperminc / DR).
 

Le sauvetage en Nivernais 
d'Henri et de Georges Kolebka

 
Organisée par Victor Kuperminc, délégué du Comité Français pour Yad Vashem, une émouvante cérémonie s'est tenue dans la Salle des fêtes de la ville de Nolay. Trois Justes parmi les Nations ont été honorés à titre posthume : Raymond Cloiseau ainsi que les époux Ciron, François et Françoise.
Une quatrième Juste, Germaine Cloiseau a reçu sa médaille et son diplôme des mains de Shlomo Morgan, ministre conseiller à l'Ambassade d'Israël, et de Victor Kuperminc.
 
Comment ils devinrent Justes parmi les Nations :
 
- "En 1924, Paul et Golda Kolebka ont laissé la Pologne derrière eux pour venir en France. Ils vont devenir parents de trois garçons :
Israël, né en 1924,
Henri, né en 1928 et
Georges, né en 1935.
Cette famille habite à Paris, dans le XIe arrondissement : rue St-Sébastien. Le père y ouvrit une épicerie.

Lors de la mobilisation générale de 1939, Paul est appelé sous les drapeaux. Démobilisé, il retrouvera les siens mais en août 1941, la police française procède à son arrestation. Après le camp Drancy, il est déporté à Auschwitz par le convoi n° 2 (1). Il sera l’un des rares rescapés à pouvoir revenir à Paris en avril 1945.

Golda, elle, se cache d’abord à Paris même avant de fuir vers la Nièvre. Là, elle trouve à s’abriter dans une petite maison prêtée par un agriculteur, M. Belhomme.
Quant aux garçons, leur sort a ému Mme Doll, une voisine des Kolebka. Cette femme généreuse fit appel à sa propre famille. C’est ainsi que M. et Mme Cloiseau, des résistants particulièrement actifs, prirent en charge Henri. Ils demandèrent à un autre couple, M. et Mme Ciron, d’accueillir pour leur part Georges. Ceci se déroule aux Granges, un hameau de Prémery.

Travaillant la terre, élevant quelques animaux, les Cloiseau sont donc d’authentiques résistants au sein d’un réseau reconnu. En offrant de sauver Henri comme petit juif persécuté, ils savent quels risques ils courent. Ces risques sont partagés, toujours en connaissance de cause, par les Ciron, des communistes opposés au nazisme.

Pour des raisons de sécurité, les deux frères ne verront pas leur mère alors que son refuge chez M. Belhomme n’est pas éloigné des caches des deux garçons.

Après guerre, les relations entre les familles Kolebka, Cloiseau et Ciron, ne vont pas se distendre pour autant."
(Dossier Yad Vashem).
 
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(Entourée des frères Kolebka, la Juste Germaine Cloiseau (Arch. V. Kuperminc / DR).

Georges Kolebka (2) :

- "Moi qui venais de Paris, j’ai découvert la campagne. Une sorte de paradis.
Je n’ai que de bons souvenirs. M. Ciron avait une ferme très petite, avec quelques vaches seulement et peut-être une jument. Mon frère, lui, chez M. Cloiseau, était chez un agriculteur plus important, avec plus de terres et plus de bêtes (…).

Nous sommes revenus en 2006, voir les époux Cloiseau. J’ai essayé de faire coïncider mes souvenirs avec le hameau, ça avait très peu changé mais les images ne se superposaient pas exactement. M. et Mme Ciron, j’aurais voulu les remercier, eux aussi, tout simplement."(3) 
 
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Allocution de Georges Kolebka, enfant caché (Arch. V. Kuperminc / DR).
 
Henri Kolebka :

- "Je suis arrivé dans cette ferme, chez les Cloiseau, en juin 1943, car la situation se dégradait pour nous, à Paris. J’avais 15 ans. Ils m’ont accueilli comme ils pouvaient, ils avaient un bébé de quelques mois, la situation était difficile pour tout le monde. 
Je suis resté jusqu’en octobre 1944. Je travaillais dans les champs. Mon frère, lui, allait en classe. On se voyait le soir ou en fin de semaine (…).

Ils n’ont pas hésité à m’héberger, c’était risqué. On a été visité une fois par les milices du maréchal Pétain…" (3)  
 
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Remerciements d'Henri Kolebka (Arch. V. Kuperminc / DR).
 
NOTES :

(1) Le convoi n°2 du 5 juin 1942 emporte 1.000 hommes vers Auschwitz. 41 seront encore en vie à la libération.

(2) En l'absence de toute descendance, Georges Kolebka a reçu la médaille et le diplôme attribué par Yad Vashem aux époux Ciron.

(3) Article de Perrine Vuilbert dans Le Journal du Centre, 12 septembre 2009.

Tous nos remerciements à Victor Kuperminc ainsi qu'à Perrine Vuilbert pour leurs apports précieux à cette page.
 
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L'ensemble musical de Prémery apporta son concours harmonieux à cette cérémonie portant à 24 le nombre de Justes parmi les Nations en Nivernais (Arch. V. Kuperminc / DR).