Lieu de mémoire

Place Lucien Besnard

Localisation

Ville : Villedômer (37110)

Département : Indre et Loire
Région : Centre

Date d'inauguration

samedi 7 décembre 2013

Type de lieu

Place

Juste(s) concerné(s)

Louis Vaillant
Florentine Vaillant
Lucien Besnard

Lucien Besnard (à droite sur la photo) et Albert Robin (au centre) Samedi 7 Décembre 2013, la foule est descendue en centre-bourg pour voir Lucien Besnard inaugurer la place qui porte désormais son nom, à Villedômer. Le premier cercle qui se forme autour de ce grand monsieur est constitué de sa famille. Il y a Ginette, son épouse, qui s’inquiète à demi-mots, consciente des émotions que ce rassemblement provoque chez son mari  : « Ça doit le serrer. »
Dans un premier temps, Lucien Besnard n’a pas voulu être honoré comme il l’a été hier  : « Il a accepté quand nous sommes retournés le voir, mais à la condition que les enfants des écoles de Villedômer puissent être associés à la cérémonie », a expliqué le maire, Marie-Claude Foucher.
Les élèves ont fait mieux que cela  : ils ont appris pour lui deux chansons d’amour et de paix, « Erev Shel Shoshanim » et « Down by the River Side », qu’ils ont chantées après les discours. « M. Besnard est un Juste parmi les nations. Il a sauvé des gens », annonce Éloïse, 9 ans. Cinq enfants juifs ont en effet été cachés à partir de juin 1942 dans la ferme des grands-parents de Lucien, Florentine et Louis Vaillant, à Pezou, en Loir-et-Cher. Parmi eux, il y avait Albert et Simon Zajdman, qui étaient là tous les deux hier matin, venus exprès d’Israël.
" Les enfants ont vu un témoin "
Il y a quelque temps, Lucien est passé dans les classes de Villedômer pour parler aux élèves. « Il a plus insisté sur les notions de tolérance que sur l’histoire en tant que telle », précise Jérémie Sauvage, enseignant. « Cette rencontre a eu beaucoup d’impact sur les enfants, qui ont vu un témoin. » Un témoin modeste, qui n’a pas dit un mot du sauvetage à ses propres enfants pendant… cinquante ans. Ils ne l’ont appris qu’en 1997, quand Lucien Besnard a reçu, des mains d’Avi Pazner, la médaille des Justes parmi les nations, la plus haute distinction civile attribuée par l’État d’Israël. Lucien Besnard n’a pas pris la parole en public, hier, mais toutes les personnalités ont rendu hommage à la portée de son action de Juste. Très ému, il a glissé, après les discours et les chansons  : « On ne peut rien ajouter à tout cela. »
(Extrait de l’article de La Nouvelle République, paru dimanche 8 décembre 2013)

La commune de Villedômer avait déjà eu l’occasion de distinguer deux de ses administrés le 8 mai 2010, Lucien Besnard (à droite sur la photo) et Albert Robin (au centre), pour leur comportement héroïque au cours de la deuxième guerre mondiale.