Cérémonie à Toulon

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Dossier n°

Cérémonie à Toulon

A la Mairie d’honneur de Toulon, Médailles et Diplômes de Justes parmi les Nations ont été remis ce 6 juin aux ayant-droits de Jean et d’Aimée Barange pour avoir sauvé Alik-Albert Zylbersztejn, persécuté par la Shoah.

– « Jean Barange, fils de paysan des Monts du Lyonnais, était instituteur comme son frère Claude et sa sœur Perrine.
Maitre d’école, il épouse Aimée. Ils auront un fils en 1910, Aimé-Jean Barange, qui deviendra médecin et père de Marianne, Elisabeth et Perrine.
Jean, appelé sous les drapeaux en 1914, sera très grièvement blessé. Après de longs mois de soins il ne sera pas renvoyé au front mais deviendra instructeur pour les jeunes recrues ne sachant pas conduire (durant la première guerre mondiale on était passé dans l’urgence de l’hippomobile à l’automobile !)
La paix revenue, il reprendra sa mission d’enseignant puis, après l’acquisition des connaissances nécessaires, il dirigera une école de sourds-muets à Villeurbanne, sa femme Aimée en assurant l’intendance. Laïque, socialiste, progressiste et franc-maçon, il est mis à la retraite anticipée en 1941 par le régime de Pétain.

Durant l’occupation de la France, le régime de collaboration et les lois anti-juives mis en place par l’Etat français, Jean et Aimée Barange accueillent clandestinement un jeune garçon d’origine israélite : Alik Zylbersztejn qui deviendra pour la famille, les proches et les voisins, «le cousin Albert».
Pendant les années noires ils vivront dans une maison située à Estressin près de Lyon. Le «cousin Albert» deviendra le compagnon de jeu des ses «cousines» Marianne et Elisabeth.

C’est une histoire simple ! Celle du «courage ordinaire» qui fort heureusement se terminera bien : le petit Albert deviendra un brillant physicien collaborateur de Pierre-Gilles de Gennes ; marié il aura deux enfants : un garçon et une fille qui n’est autre que la comédienne sensible et émouvante Elsa Zylberstein.

Alik qui garda des contacts réguliers avec la famille Barange a voulu que Jean et Aimée soient reconnus comme « Justes » rendant ainsi un hommage universel à ce couple qui avait su braver les interdits et des lois scélérates et pour lequel il a gardé une grande reconnaissance et une profonde admiration. La Médaille des Justes sera remise à Mesdames Marianne Estragon et Elisabeth Coche, petites-filles de Jean et Aimée. »


Jean et Aimée Barange, photo des années 1912 (LDH Toulon).

Président délégué de Yad Vashem pour le sud de la France, Robert Mizrahi propose ces compléments d’informations sur les cérémonies dont il porte la responsabilité, telle celle de Toulon :

– « Pour la préparation des cérémonies: contact avec le ou les récipiendaires, avec le ou les témoins, avec les mairies, institutions religieuses, maisons de retraite, ces approches sont faites par Madame Karinne Rajzman, responsable des cérémonies au consulat général d’Israël à Marseille en accord constant avec moi-même.

Quant à la cérémonie proprement dite, le déroulé est le suivant :

Accueil du Maire, intervention de moi-même en tant que Président délégué de Yad Yachem pour le sud de la France, pour dire ce qu’est Yad Vachem et ce que sont les « Justes parmi le Nations » de l’Etat d’Israël. Rappel historique de la période noire de 1939/1945 et le » Statut des Juifs » et quelques considérations sur la période actuelle. Puis intervention du Consul Général d’Israël, Madame Simona Frankel actuellement, pour rappeler les faits : à savoir qui est le témoin et sa famille et retracer l’action salvatrice du ou des récipiendaires. Puis immédiatement après, remise au récipiendaire de la Médaille par Madame le Consul et du Diplôme d’Honneur par moi-même, après en avoir donné lecture. Le récipiendaire et le témoin s’expriment à leur tour et le Maire conclut à sa convenance.

 

Contact Info

6 avenue de la Motte-Piquet 75007 Paris

Téléphone: 01 47 20 99 57

Web: Yad Vashem

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