Dossier n°10836 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marcel Fachaux

Année de nomination : 2006
Date de naissance : 08/06/1907
Date de décès : 13/02/1949
Profession : Sous-Brigadier en charge de la liste des Juifs

Marcelle Fachaux Portalier

Année de nomination : 2006
Date de naissance : 09/06/1909
Date de décès : 18/05/1980
Profession : Employée des Postes, mère de 3 enfants
    Localisation Ville : Le-Puy-en-Velaiy (43000)
    Département : Haute-Loire
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Maurice Singer est né en Pologne. Diplômé d’une école de commerce, il vit à Paris depuis 1928 où il représente la Société d’export de son père. Agathe Kinsbrenner, sa future épouse, quitte de son côté la Roumanie en 1929 pour faire ses études de médecine en France. Tous deux sont issus de familles juives aisées et peu pratiquantes. Ils se rencontrent à Paris en 1930. Agathe obtient son diplôme de médecine en 1936. Ils se marient en 1937. De cette union, naît Paulette. Ils mènent une vie agréable, et se sentent en sécurité en France jusqu’à la déclaration de la guerre en Septembre 1939. Très vite, Agathe fuit Paris avec sa fille, tandis que Maurice s’engage comme volontaire dans l’armée française. En 1940, la famille se retrouve à Clermont Ferrand, alors en zone libre, où Maurice trouve un emploi de chauffeur-livreur chez M Berger. Mais, fin 1942, la chasse aux juifs s’intensifie, les rafles se multiplient et les Singer ne sont plus à l’abri à Clermont-Ferrand. Ils sont fichés par la police comme  » juifs étrangers « . En novembre 42, ils partent donc pour le Puy -en -Velay. Là bas, l’employeur de Maurice, M. Berger, les a recommandés à M. Fontanille qui les aident à trouver un logement.Les Singer, comme l’exige les lois du gouvernement de Vichy, vont s’inscrire auprès des autorités en tant que juifs nouvellement arrivés au Puy. C’est Agathe qui se charge de cette démarche. Au commissariat de police, on la conduit auprès de l’officier chargé de la mise à jour des fichiers, le sous-brigadier Marcel Fachaux qui lui dit :  » Madame vous n’êtes pas juive, rentrez chez vous  » Agathe insiste mais le sous- brigadier répète :  » Vous n’êtes pas juive, rentrez chez vous, j’irai vous voir plus tard  » Le soir même Marcel Fachaux se présente chez les Singer avec de fausses pièces d’identité et des tickets de rationnement. On estime aujourd’hui que Marcel Fachaux a ainsi secouru des centaines familles juives et, comme le disait Agathe Singer,  » Tout juif ayant survécu au Puy doit sa vie à Marcel Fachaux  » Mme Marcelle Fachaux a également joué un rôle important dans le sauvetage des juifs. En effet, employée au Service des Télécommunications, elle parle allemand et intercepte de nombreux messages. Non seulement elle informe la Résistance, mais elle avertit aussi directement et personnellement les familles juives des rafles éventuelles. Et malgré les difficultés de la guerre, M et Mme Fachaux continuent de protéger et d’aider les Singer jusqu’à la libération. Les deux familles se lient même d’une réelle amitié. Notons que M et Mme Fachaux, résistants de la première heure, ont appartenu tous deux au groupe Combat et que, pour ses actions, Madame Fachaux a reçu la médaille de la Résistance en 1945 puis la Croix de Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 1968. Après la guerre les Singer émigrent aux Etats-Unis où ils retrouvent une partie de leur famille et entament une nouvelle vie. Marcel Fachaux tombe gravement malade peu après la Libération. Il meurt en 1949 à l’âge de 42 ans laissant sa veuve Marcelle avec 3 jeunes enfants Marcel, Marie Thérèse et Gisèle. L’amitié entre les familles a continué de s’exprimer au travers de la correspondance fréquente entre les deux femmes, et ce, jusqu’au décès de Mme Marcelle Fachaux en 1980.

    Exposition: Désobéir pour sauver

    Documents annexes

    Article de presse - La Montagne du 03/09/2007Article de presse – La Montagne du 03/09/2007
    Article de presse - La Montagne du 02/09/2007Article de presse – La Montagne du 02/09/2007
    Invitation cérémonieInvitation cérémonie
    Dossier 10836 - Fachaux; Articles de presseDossier 10836 – Fachaux; Articles de presse

     




    Mis à jour il y a 3 semaines.