Dossier n°10896 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2006

Henri Guy

Année de nomination : 2006
Date de naissance : 12/05/1889
Date de décés : 22/03/1963
Profession : garçon de laboratoire

Renée Guy Guillemot

Année de nomination : 2006
Date de naissance : 01/08/1898
Date de décés : 23/01/1962
Profession : ouvrière dans une usine

Localisation Ville : Saint-Nicolas-des-Eaux (56930)
DĂ©partement : Morbihan
RĂ©gion : Bretagne

L'histoire

Henri et Renée Guy
Le couple STOUTZER s’Ă©tait installĂ© Ă  Paris en 1926. Lui, Hirsch STOUTZER Ă©tait originaire de Vilna en Lituanie, Elle, Rosa, nĂ©e TANEVITZKY, Ă©tait venue d’Odessa en Russie. Leur premier fils, Armand, naquit en 1927, le second Roger, en 1932. Ils habitaient 24, rue du Faubourg Poissonnière dans le 10ème arrondissement. Ils avaient un magasin de fourrures au 46 de la mĂŞme rue. Pendant l’occupation, tous durent porter l’Ă©toile jaune, les biens de la famille furent confisquĂ©s et le magasin confiĂ© Ă  un gĂ©rant  » aryen « .

Gina LIBERA Ă©tait marchande de journaux. Elle Ă©tait nĂ©e Ă  Forcola, en Italie en 1912 et elle avait Ă©tĂ© naturalisĂ©e française en 1935.Elle tenait un kiosque rue Richer dans le 9ème arrondissement et habitait au numĂ©ro 8 rue du Faubourg Poissonnière, tout près de chez les STOUTZER avec lesquels elle s’Ă©tait liĂ©e d’amitiĂ©.

Lorsque des rafles se prĂ©paraient, les STOUTZER en Ă©taient prĂ©venus par des policiers compatissants et ils trouvaient refuge tous les quatre chez Gina LIBERA qui leur ouvrait sa porte sans hĂ©siter, sans se prĂ©occuper des risques qu’elle prenait. Cela se produisit Ă  plusieurs reprises, au moins cinq ou six fois se souvient Roger STOUTZER, et c’est en tout plusieurs semaines qu’ils passèrent ainsi chez elle. Cet hĂ©bergement leur permit d’Ă©chapper aux rafles et d’avoir la vie sauve. Elle entassa aussi chez elle des marchandises et cacha des bijoux appartenant Ă  un bijoutier de la famille STOUTZER et qui furent intĂ©gralement restituĂ©s après la LibĂ©ration.

Pendant toute la pĂ©riode de l’Occupation de 1940 Ă  1945, Gina LIBERA envoya le jeune Roger STOUTZER, pour le mettre Ă  l’abri, pour de longs sĂ©jours estivaux, chez son frère Ă  Saint Nicolas des Eaux dans le Morbihan, avec son propre fils Jean Le Guiniec, chez Agustine Marie et Charles-Henri GUY qui Ă©taient ses ex-belle soeur et ex-beau-frère. Les deux enfants qui avaient une dizaine d’annĂ©es, partaient un peu avant les  » grandes vacances  » pour ne revenir qu’une ou deux semaines après la rentrĂ©e scolaire.

Jean Le GUINIEC, prĂ©sent ici ce soir tout comme Roger STOUTZER, se souvient des bijoux qui atterrirent Ă  Saint Nicolas et furent enterrĂ©s dans la cave de la maison avec interdiction pour lui d’en dire un mot. Il se souvient des photos d’identitĂ© qu’eut Ă  faire son  » tonton  » Charles Henri GUY, qui Ă©tait photographe, pour des clandestins pour leur faire des faux papiers. Il se souvient d’un couple qui fut hĂ©bergĂ© un moment dans une maison proche, sous la protection de Marie et Charles-Henri GUY, et aussi du jour oĂą il fut Ă©veillĂ© par des bruits inhabituels et vit, sur le perron, un soldat allemand qui gardait la maison. Ce qui fut heureusement sans suite. Il se souvient surtout du dĂ©vouement et de la gĂ©nĂ©rositĂ© de sa tante et de son oncle et aussi des paroles de Gina LIBERA pour qui tout Ă©tait normal puisque Rosette STOUTZER Ă©tait  » sa copine « . Quant Ă  Roger STOUTZER, il est le dernier de sa famille Ă  ĂŞtre aujourd’hui en vie et Ă  vouloir tĂ©moigner sa reconnaissance Ă  Gina LIBERA et Ă  Marie et Charles Henri GUY.

Yad Vashem leur a dĂ©cernĂ© Ă  tous les trois la mĂ©daille des Justes. Gina LIBERA la recevra elle-mĂŞme des mains de Monsieur Daniel Shek Ambassadeur d’IsraĂĽl Ă  Paris. C’est Jean Le GUINIEC qui recevra la mĂ©daille dĂ©cernĂ©e Ă  son oncle et Ă  sa tante Marie et Charles Henri GUY honorĂ©s Ă  titre posthume.

Le 10 Juillet 2006 L’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Guy Henri et son épouse Renée ainsi qu’à Madame Libéra Gina


Documents annexes

Discours de Daniel SHEK Ambassadeur Discours de Daniel SHEK Ambassadeur
27 juin 2015 10:40:55
Invitation cérémonie Invitation cérémonie
27 juin 2015 10:40:02

Articles annexes