Dossier n°11062 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Laurent Ernest, François Mazier

Année de nomination : 2007
Date de naissance : 15/08/1906
Date de décés : 22/11/1986
Profession : employé à la SNCF (aux wagons-lits)

Marie Mazier Viateau

Année de nomination : 2007
Date de naissance : 09/11/1909
Date de décés : 13/01/2006
Profession : Cartonnière (pliage et confection de boîte d’emballage pour objets de luxe)

Catherine Viateau Chassaing

Année de nomination : 2007
Date de naissance : 28/01/1889
Date de décés : //
Profession : femme de ménage

Localisation Ville : Paris (75011)
Département : Paris
Région : Ile-de-France

Lieu de mémoire

L'histoire

Laurent et Marie Mazier

Catherine Viateau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abram et Chana Gontowicz, originaires de Pologne arrivèrent en France en 1930 et s’installèrent à Paris, où leur fille Madeleine naquit l’année suivante. Ils vivaient au cinquième étage d’un immeuble du 11ème arrondissement. Dans le même immeuble habitaient Laurent et Marie Mazier et leur fille Raymonde, du même âge que Madeleine. Les deux fillettes allaient ensemble à l’école et devinrent de grandes amies. La mère de Marie Mazier, Catherine Viateau demeurait aussi dans cet immeuble.

En mai 1941, Abram Gontowicz fut convoqué au commissariat de police et immédiatement transféré au camp d’internement de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. En 1942, il fut déporté à Auschwitz par le convoi N° 5 où il fut assassiné. Restée seule avec sa fille, Chana décida de rester à Paris espérant que la situation s’arrangerait. Mais en juillet 1942, des vagues massives d’arrestations de Juifs commencèrent dans la capitale. Le 15 juillet, quelques heures avant la rafle, Chana croisa un gendarme dans la rue qui la prévint de ne pas rester chez elle la nuit suivante. Effrayée, elle se précipita chez les Mazier avec Madeleine ne sachant que faire. Laurent et Marie comprirent immédiatement et dirent simplement à Chana de rester chez eux. Catherine Viateau laissa son appartement à Chana et Madeleine tandis qu’elle s’installait chez sa fille et son gendre.

Chana et Madeleine restèrent plusieurs mois dans l’appartement de Madame Viateau, dépendant totalement de leurs amis. Elles ne sortaient jamais et bougeaient à peine craignant d’être dénoncées, car un collaborateur vivait dans le même immeuble. Les Mazier passaient chaque jour leur apporter tout ce dont elles avaient besoin, vêtements, nourriture et vidaient même le seau hygiénique, car il n’y avait pas de toilettes dans l’appartement.

Raymonde partageait le secret avec ses parents et se souvient qu’un jour un voisin, Monsieur Charropin lui demanda où ses amis avaient disparu et qu’elle avait prétendu ne pas savoir, comprenant qu’elle devait garder le secret sur la famille juive cachée dans l’immeuble.

Après quelques mois, il devint trop dangereux pour Chana et Madeleine de rester dans l’appartement de Madame Viateau. Les Mazier envoyèrent Madeleine dans une institution catholique où elle resta jusqu’à la fin de la guerre. Chana entra en clandestinité, changeant fréquemment de cachette. Marie Mazier allait voir Madeleine régulièrement lui apportant des bonbons et lui donnant des nouvelles de sa mère.

Grâce à leurs amis qui refusèrent toute compensation pour leurs actes courageux, Chana et Madeleine Gontowicz survécurent à la guerre. Les deux familles gardèrent des contacts étroits jusqu’en 1970, date où Raymonde déménagea avec sa famille. Raymonde et Madeleine se sont retrouvées des années plus tard et leur amitié perdure.

Le 7 mai 2007, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Monsieur Laurent Mazier, à son épouse Madame Marie Mazier et à Madame Catherine Viateau, le titre de Justes parmi les Nations.

Documents annexes

Article de presse - Magazine de Chelles N°239 juin 2008 Article de presse – Magazine de Chelles N°239 juin 2008

Articles annexes




Mis à jour il y a 3 mois.