Dossier n°11220 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2007

Fernand Laigneau

Année de nomination : 2007
Date de naissance : 25/09/1901
Date de décés : 18/01/1989
Profession : fermier

Lucie Laigneau Louvet

Année de nomination : 2007
Date de naissance : 13/12/1901
Date de décés : 04/06/1995
Profession : fermière

Localisation Ville : Crucey (28270)
Département : Eure-et-Loir
Région : Centre-Val de Loire

L'histoire

LAIGNEAU Fernand & Lucie
Fernand et Lucie Laigneau étaient fermiers à Crucey-par-Brezolles en Eure et Loire. En novembre 1942, ils offrirent un abri à un jeune garçon juif de onze ans, Joël Krolik.

Joël, né à Varsovie en 1931 était arrivé en France avec ses parents Leijzer et Besa en 1932. Ils s’installèrent d’abord à Paris, où deux soeurs Rosette née en 1934, Annette née en 1936, son frère Joseph né en 1939 naquirent. Quand la guerre commence, son père s’engage dans l’armée française comme volontaire pendant que Joël et sa famille cherchent un refuge dans la Sarthe. Quand la France capitule, le père rentre à la maison et toute la famille revient à Paris.

En 1941, quand la police commença à arrêter les Juifs, Leijzer y échappa en se cachant sous son lit. Durant la deuxième vague d’arrestations en juillet 1942, les Krolik se cachèrent chez un voisin, restant là pendant deux semaines. Ils décidèrent alors de trouver un lieu plus sûr pour cacher les enfants. Joël fut placé à Savigny sur Orge dans l’Essonne chez les Arnoult, mais en novembre 1942 c’était devenu trop dangereux et Monsieur Arnoult trouva un nouveau refuge chez Fernand et Lucie Laigneau. Rosette fut envoyée à la campagne.

Ayant vécu en ville, Joël se trouvait soudain dans un village isolé avec uniquement des champs et des animaux autour de lui. Au début il se sentit perdu et ne comprenait pas pourquoi on lui avait dit de ne pas révéler son identité. Fernand et Lucie Laigneau le présentèrent comme un neveu de Paris en convalescence. Fernand lui montra différents endroits où il pourrait se cacher, au cas où on chercherait des Juifs dans la région. Joël s’angoissait pour ses parents et attendait la venue de sa petite sœur Annette. Il apprit que le lendemain où il avait quitté Paris, ses parents, Annette et Joseph avaient été arrêtés et déportés. Aucun ne revint. Joël s’habitua à la vie à la ferme. Il allait à l’école. Seuls son instituteur et le directeur connaissaient sa véritable identité.

Joël resta à la ferme deux ans, partageant sa vie entre l’école, les devoirs et la ferme. Les Laigneau firent tout leur possible pour qu’il se sente bien chez eux. Il se souvient combien les Laigneau furent fiers quand il rapporta son certificat de fin d’étude en 1943.

Fernand et Lucie Laigneau cachaient aussi trois autres enfants juifs : Lucienne, Maurice et Suzanne Saks, arrivés en Novembre 1943 après l’arrestation de leur grand-mère.

En novembre 1944, Fernand amena Joël à la gare pour qu’il retourne à Paris. Il y retrouva sa sœur Rosette.

Le 5 décembre 2007, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Fernand Laigneau et à son épouse Madame Lucie Laigneau.

Juillet 1943, Joël Krolik avec Lucie et fFernand Laingneau

Documents annexes

Aucun document

Articles annexes